dimanche 2 octobre 2011

Evangile du Dimanche 16 octobre


Matthieu 22, 15 - 21

15 Alors les Pharisiens allèrent tenir conseil afin de le prendre au piège en le faisant parler.

16 Ils lui envoient leurs disciples, avec les Hérodiens, pour lui dire :
« Maître, nous savons que tu es franc et que tu enseignes les chemins de Dieu en toute vérité, sans te laisser influencer par qui que ce soit, car tu ne tiens pas compte de la condition des gens.
17 Dis-nous donc ton avis : Est-il permis, oui ou non, de payer le tribut à César ? »

18 Mais Jésus, s'apercevant de leur malice, dit : «Hypocrites ! Pourquoi me tendez-vous un piège ?
19 Montrez-moi la monnaie qui sert à payer le tribut.» Ils lui présentèrent une pièce d'argent.

20 Il leur dit : « Cette effigie et cette inscription, de qui sont-elles ? »

21 Ils répondent : « De César.» Alors il leur dit : « Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. »


Commentaire de Philippe


Je trouve ce récit fascinant. Il met en relief la présence d’esprit, l’intelligence supérieure, et l’humour de Jésus dans son humanité. Voilà donc des interlocuteurs qui s’avancent vers lui comme masqués, en catimini, pourrait-on dire, comme d’humbles disciples en quête d’un enseignement nourrissant pour leur vie. Il faut noter que les pharisiens ont cru bon d’associer à leur tentative des hérodiens, des gens qui, de près ou de loin, parce qu’ils soutiennent HERODE, sont des alliés secrets du Romain, le Romain détesté. Voilà déjà un curieux mélange de mauvaise foi, de cautèle et d’esprit tordu. En se mettant à plusieurs, on a plus de chances de le coincer, ce Jésus, doivent se dire tous ces braves gens. Et il a fallu tenir conseil, délibérer, avant de prendre cette difficile décision. Il s’agit de prendre au piège de ses propres paroles cet empêcheur de tourner en rond. La scène est plantée.


Le deuxième temps de la manœuvre est sidérant de duplicité. On caresse Jésus dans le sens du poil : il est franc, Jésus, il dit la vérité sans se laisser influencer, il ne fait pas acception des personnes. On va donc voir ce qu’on va voir : c’est au nom de la vérité qu’ils commettent cet action de mensonge ; c’est que la vérité, ils ne peuvent la regarder en face, mais ils sont décidés à s’en servir contre Celui qu’ils veulent perdre. Et voilà qu’ils vont poser à Jésus une question non pas religieuse, mais politique ou politico-religieuse : faut-il payer le tribut à un païen, un idolâtre, un tyran qui opprime le peuple élu ? Si c’est oui, les hérodiens seront confondus, mais les pharisiens pourront traîner Jésus devant le sanhédrin et l’inculper de blasphème, d’apostasie, de toutes sortes de déviances religieuses ; si c’est non, les pharisiens seront contents, car ils feront reposer sur la tête des hérodiens l’accusation de sédition et de rébellion qui ne manquera pas d’être porté contre Jésus auprès des Romains par l’intermédiaire d’HERODE qui tient son pouvoir de leur bon vouloir. Piège apparemment imparable.



Troisième temps : celui de la manœuvre retournée contre leurs instigateurs. Notons que la réaction de Jésus est immédiate : (a) il voit tout de suite le piège, ne se prive pas de le dire à ses interlocuteurs et de dénoncer leur hypocrisie ; (b) il trouve immédiatement la parade, et réduit les captieux a quia. Et, chose extraordinaire, il affirme la séparation des deux ordres, celui du politique et celui de la foi, ainsi que la légitimité du premier. Et ça en trois phrases, d’une concision, d’une précision, d’une pertinence éblouissantes.


C’est que la Parole de Dieu est tranchante comme une épée à deux tranchants.


Que le Seigneur nous donne d’être toujours aussi clairs dans nos opinions et nos affirmations sur sa divinité, nous donne la force de témoigner, et fasse que notre oui soit un oui et notre non, un non.



Commentaire de Geneviève



" Commencement de la création par Dieu du ciel et de la terre...et Dieu dit : “ Que la lumière soit ! ” Et la lumière fut.
Dieu vit que la lumière était bonne.
Dieu sépara la lumière ║ de la ténèbre. Dieu appela la lumière “ jour ” et la ténèbre il l’appela “ nuit ”... Dieu fit le firmament et il sépara les eaux inférieures au firmament ║ d’avec les eaux supérieures... Dieu dit : “ Que les eaux inférieures au ciel s’amassent en un seul lieu et que le continent paraisse ! ” Il en fut ainsi. Dieu appela “ terre ” le continent ; il appela “ mer ” l’amas des eaux.
Dieu vit que cela était bon.
Dieu dit : “ Qu’il y ait des luminaires au firmament du ciel pour séparer le jour ║ de la nuit, qu’il servent de signes tant pour les fêtes que pour les jours et les années et qu’ils servent de luminaires au firmament du ciel pour illuminer la terre. ” Il en fut ainsi...
Dieu vit que cela était bon. »

Séparation > Dieu voit que cela est bon.Voilà l’impulsion que Jésus, qui est venu pour faire la volonté de Dieu, nous invite à suivre.

Ni confusion, ni oscillation, ni déséquilibre, ni préférence, ni opposition mais unité dans la distinction et la différence des natures et des identités particulières. Jésus nous accompagne pour que nous allions toujours plus loin, que nous ne demeurions pas coincés, en voie d’étouffement dans une crevasse fabriquée de mains d’hommes.

Nous restons toujours dans l’espace du DON > Je ne peux rendre, restituer, redonner à quelqu’un que ce qu’il m’a donné en premier. Qu’il s’agisse de César (l’Etat à mon sens) ou de Dieu. Deux démarches de ‘Re-Don’ parallèles, concomitantes : elles ne s’excluent pas mais sont, toutes les deux et ensemble, « appelées » par Dieu à se réaliser.
Lieu de rencontre de deux espaces : celui de César, celui de Dieu .

* D’où le seul questionnement à se poser :
1. Qu’est-ce que César m’a donné et continue de me donner ? = Ce que j’ai à lui rendre.
→ Qu’est-ce que je lui rends ?

2. Qu’est-ce que Dieu m’a donné et continue de me donner ? = Ce que j’ai à lui rendre.
→ Qu’est-ce que je lui rends ?

* D’où la seule Espérance : non pas liquider l’un pour que l’autre vive, mais, avec les difficultés ou l’érosion apparente actuelle et de l’un et de l’autre,




« Rendez donc
à César ce qui est à César,

et
à Dieu ce qui est à Dieu. »




« porter un vêtement de noce ».

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