dimanche 16 octobre 2011

Evangile du Dimanche 6 novembre


Matthieu 25, 1-13

1 Alors il en sera du Royaume des cieux comme de dix jeunes filles qui prirent leurs lampes et sortirent à la rencontre de l'époux.
2 Cinq d'entre elles étaient insensées et cinq étaient avisées.
3 En prenant leurs lampes, les filles insensées n'avaient pas emporté d'huile ;
4 les filles avisées, elles, avaient pris, avec leurs lampes, de l'huile dans des fioles.


5 Comme l'époux tardait, elles s'assoupirent toutes et s'endormirent.


6 Au milieu de la nuit, un cri retentit : « Voici l'époux ! Sortez à sa rencontre. »


7 Alors toutes ces jeunes filles se réveillèrent et apprêtèrent leurs lampes.


8 Les insensées dirent aux avisées : « Donnez-nous de votre huile, car nos lampes s'éteignent. »


9 Les avisées répondirent : « Certes pas, il n'y en aurait pas assez pour nous et pour vous ! Allez plutôt chez les marchands et achetez-en pour vous. »


10 Pendant qu'elles allaient en acheter, l'époux arriva ; celles qui étaient prêtes entrèrent avec lui dans la salle des noces, et l'on ferma la porte.


11 Finalement, arrivent à leur tour les autres jeunes filles, qui disent : « Seigneur, seigneur, ouvre-nous ! »


12 Mais il répondit : « En vérité, je vous le déclare, je ne vous connais pas.


13 Veillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l'heure. »




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Commentaire de Philippe





Première réaction à la lecture de ce texte : il est bien dur cet époux qui refuse aux jeunes filles écervelées l’entrée de sa maison. Comment peut-il dire qu’il ne les connaît pas alors qu’avec les sages jeunes filles, sa famille les avaient aussi choisies comme les coryphées de la fête ? Toutes, sages ou imprévoyantes, elles avaient accepté de veiller une partie de la nuit, et fatiguées d’attendre, toutes s’étaient assoupies. Elles s’étaient toutes équipées de lampes à huile, et il y en avait de l’huile, puisque l’exclamation dépitée de celles que la tradition appelle aussi les vierges folles, indique que les lampes s’éteignent ou vont s’éteindre.

Où se cache donc la différence entre ces deux groupes ? C’est que les unes avaient une provision d’huile pour le cas où…, tandis que les autres n’en avaient pas assez. Notons que les sages ne sont pas très charitables, en apparence en tout cas, puisqu’elles refusent de partager leur réserve avec les imprévoyantes. Mais à regarder de près le texte, elles constatent justement que le partage n’aurait pas les conséquences attendues, puisque tout le cortège nuptial se trouverait démuni, et il ne serait plus possible de fêter dignement le retour de l’époux en éclairant ses pas. Les imprévoyantes, mesurant l’erreur qu’elles sont commise, vont s’empresser d’acheter de l’huile chez le marchand. Une telle démarche est bien curieuse. Quelle chance ont-elles d’en trouver au milieu de la nuit ? La quête risque d’être vaine, et il leur faudra attendre le lever du jour pour que le marchand soit à même de répondre à leur demande.

Autre curiosité. En général, à un mariage l’époux, l’épouse, et les amis sont réunis dans la salle de noce. Dans cette parabole, il n’est question que de l’époux, et de l’attente de son retour ; c’est qu’il s’est absenté. De plus l’attente se fait à l’extérieur de la demeure nuptiale, et dans un mouvement de joie et de désir. Il s’agit d’aller à la rencontre de l’époux. En réalité, les noces ont déjà eu lieu, sinon la parabole n’utiliserait pas ce terme. Alors la demeure est celle de la famille de l’époux.


Enfin, il faut remarquer que l’époux se fait attendre. A ce point du texte, autre curiosité. Les jeunes filles marchent à sa rencontre et il tarde à venir, comme si cette marche était sans mouvement. C’est du reste dans l’immobilité du sommeil qu’elle s’interrompt au milieu de la nuit, dans l’obscurité, puisque les lampes sont volontairement éteintes en attendant qu’arrive celui que tous désirent rencontrer, célébrer, féliciter. Et il vient à un moment inattendu de ce moment de ténèbres, à l’improviste en quelque sorte, se glissant dans l’épaisseur de l’attente.


Jésus veut nous dire quelque chose. « Vous ne savez pas quand je surgirai au milieu de la nuit. » Cette venue a une double dimension temporelle : celle du surgissement du Ressuscité dans l’éblouissant face-à-face qui suivra notre mort, celle de son retour glorieux à la fin des temps. Il est l’époux de l’Eglise, et l’absence apparente de l’épouse dans la Parabole souligne sa mystérieuse réalité, humano-divine : un pied dans l’histoire terrestre, un pied dans la salle ou le Vivant siège sur son trône de gloire. Les jeunes-filles (traduit souvent par "vierges") sont le symbole de l’innocence et de la pureté de vie. Mais il ne leur suffit pas de le signifier par leur appellation, il faut encore qu’elles le traduisent dans le concret des jours : l’huile des lampes, n’est-ce pas la louange, la prière, la foi en la miséricorde du Père manifestée aux hommes par Jésus ? Celui-ci ne dit-il pas : «La vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, Père "


Cette Parabole est une puissante invitation à demeurer dans l’amour de Jésus. Nous ne pouvons le faire sans le secours de l’Esprit Saint. Il nous est demandé aussi de rester dans l’attente paisible et confiante de notre Maître.




Alors nous pouvons dire : « Viens, seigneur Jésus ».


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Commentaire de Geneviève




Au fur et à mesure de mon entrée dans cette parabole, j’ai été poussée à aller voir ce qui se passait avant et après cet enseignement, pour mieux approcher et de sa cause et de son but.
Son origine :
- « Car désormais vous ne me verrez plus, jusqu’à ce que vous disiez : béni soit au nom du Seigneur celui qui vient ! 23, 38
- ...Les disciples s’avancèrent vers lui, à l’écart, et lui dirent : Dis-nous quand cela arrivera, et quel sera le signe de ton avènement et de la fin du monde. 24, 3
...Prenez garde que personne ne vous égare... Par suite de l’iniquité croissante, l’amour du grand nombre se refroidira ; mais celui qui tiendra jusqu’à la fin, celui-là sera sauvé. Cette bonne Nouvelle du Royaume sera proclamée dans le monde entier : tous les païens auront là un témoignage. Et alors viendra la fin. 24, 13-14
-Veillez donc, car vous ne savez pas quel jour votre Seigneur va venir...24,42. Heureux le serviteur que le maître en arrivant trouvera en train de faire ce travail. 24, 46
Car à tout homme qui a, l’on donnera et il sera dans la surabondance...Quant à ce serviteur bon à rien, jetez-le dans les ténèbres du dehors. 25,30

Sa finalité :
Or, quand Jésus eut achevé toutes ses instructions, il dit à ses disciples : « Vous le savez dans deux jours ; c’est la Pâque : le Fils de l’homme va être livré pour être crucifié... »26, 2


Nous voici à nouveau dans le don, le don réciproque, une affaire de NOCES. C’est bien simple. Pour qu’elles puissent se réaliser, tout réside dans LA PORTE de la salle des noces: ou bien la porte est ouverte ou bien elle est fermée.

Pour qu’elle soit ouverte et que l’acte nuptial puisse avoir lieu entre tous les hommes sans exception et Dieu = les Trois personnes divines, une préparation s’avère être la condition sine qua non : avoir toujours de l’huile dans sa lampe.
Des indications curieuses quant à sa raison d’être : cette lampe à huile n’est pas destinée à éclairer le chemin, à mieux voir dans la nuit, vu que les insensées, sommées d’aller en acheter à l’extérieur elles-mêmes, y voient très bien dans les ruelles sombres de la cité...
Et nous pouvons même dormir en attendant cette venue de l’Epoux – qui tarde – mais pas question même de dormir sans provision d’huile. Pas question non plus d’en solliciter auprès de ceux qui en ont une réserve : ce n’est plus l’heure de mendier car cette huile est personnelle.

Car il s’agit d’une rencontre d’Alliance: chacun, chacune est invité à aller à la rencontre de cet Autre, qui lui aussi vient vers chacun, chacune. Et cela ne peut se faire que dans l’huile de l’effusion de l’Esprit qui tressaille dans notre cœur et dans notre corps, à l’exemple de cette jeune fille, notre première grande sœur, Marie. L’esprit de Dieu a fondu sur elle comme pour Saül bien des siècles auparavant, lorsque Samuel prit la fiole d’huile, la lui versa sur la tête... « Alors fondra sur toi l’esprit du Seigneur... et fais tout ce que tu trouveras à faire car Dieu est avec toi. » 1 Samuel 10
Alors la question que je me pose est : qu’en est-il de la situation de ma fiole d’huile personnelle?
Une comparaison bien simple: une voiture ne peut avancer sans essence. Ainsi je ne peux avancer sans « huile » c’est-à -dire sans l’exercice régulier de mes dons que j’ai pu apprendre à connaître ou de ceux que je n’ai pas beaucoup ou pas du tout et que je demande dans une prière commune pour un meilleur travail dans la Vigne.
Le fonctionnement d’une lampe à huile reposant sur le principe de capillarité qui lui permet de monter à l'intérieur de la mèche, l'explication physique de ce phénomène est donc celui du principe des vases communicants = encore un don réciproque qui, non seulement participera, avec d’autres moyens, tels les sacrements, à ma croissance spirituelle. Et, à terme, à sortir à la rencontre de l’époux, à être prête pour entrer avec lui dans la salle de noces - dont la porte se fermera, je l'espère.




Avec, je l’espère aussi, ces mots : " je te connais "
Seigneur, ce sera ma prière pour aujourd'hui.



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