dimanche 30 octobre 2011

Evangile du dimanche 4 Décembre


Marc 1, 1-8

1 Commencement de l’Evangile de Jésus Christ Fils de Dieu :
2 Ainsi qu’il est écrit dans le livre du prophète Esaïe : Voici, j'envoie mon messager en avant de toi, pour préparer ton chemin.
3 Une voix crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers.
4 Jean le Baptiste parut dans le désert, proclamant un baptême de conversion en vue du pardon des péchés.
5 Tout le pays de Judée, tous les habitants de Jérusalem se rendaient auprès de lui ; ils se faisaient baptiser par lui dans le Jourdain en confessant leurs péchés.
6 Jean était vêtu de poil de chameau avec une ceinture de cuir autour des reins ; il se nourrissait de sauterelles et de miel sauvage.
7 Il proclamait : « Celui qui est plus fort que moi vient après moi, et je ne suis pas digne, en me courbant, de délier la lanière de ses sandales.
8 Moi, je vous ai baptisés d'eau, mais lui vous baptisera d’Esprit Saint. »


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Commentaire de Philippe



On doit toujours accorder la plus extrême importance aux premiers propos d’un texte. Marc, d’emblée, nous indique le but de son Évangile : parler de Celui que les prophètes, depuis les temps anciens, ont annoncé. C’est en effet par le rappel d’une prophétie d’Isaïe qu’il commence, et il affirme que cette prophétie se réalise dans la prédication et la vie de Jean-Baptiste. Par ce rappel, il invite les disciples à rentrer dans la mémoire de la longue histoire d’amour de Dieu avec son peuple. Et en indiquant que l’on vient de partout, et en nombre, de la terre d’Israël voir et écouter Jean-Baptiste, il ouvre la porte aux hommes de toutes les nations.

Il nous faut noter que Jean vit comme un ascète. Comme si cette vie austère était une préparation à l’accueil du Messie. Mais il ne mâche pas ses mots : sa prédication est un appel à la conversion en vue du pardon des péchés. Il a dû en choquer plus d’un. Quoi ! Comment ? Nous, membres du peuple élu, enfants d’Abraham, respectueux de la Loi dans ses moindres détails, il faut que nous nous convertissions. Mais nous payons la dîme sur la rue et le fenouil ; nous ne dépassons pas, dans nos déplacements, les limites qui sont imposées, le jour du sabbat, à tous les fils d’Israël ; nous célébrons la pâque, et la fête des tentes, et celle de la dédicace. Et il faut que nous nous convertissions ?

Et il s’est trouvé au temps de Jean-Baptiste des dizaines, des centaines, peut-être des milliers de juifs pieux, au cœur droit, qui ont compris ce que Jean-Baptiste voulait dire. Ils attendaient le Messie. Le prophète leur annonçait qu’il allait venir bientôt. Sa parole était bue avec avidité. Bien sûr, les gens qui se pressaient auprès de lui ne réalisaient pas très bien comment ce Messie allait venir, mais il sentait que le monde dans lequel ils vivaient ne pouvait continuer d’aller comme il allait. N'en est-il pas de même aujourd'hui ?

Retenons donc que, dans ce moment d’attente, il nous est demandé de nous convertir, de changer notre cœur, de faire pénitence, dans l’attente de Celui qui vient. L’Avent est comme une sorte de carême avant la lettre. Comment pourrions-nous reconnaître Celui qui vient, si notre cœur est encombré ? Soyons dans la louange pour le don du baptême qui nous a été fait, et qui nous a fait renaître. Et que dans notre cœur, nous méditions toutes ces choses, avec amour, humilité, la louange aux lèvres et l’esprit tout à l’impatience de la venue du sauveur.

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Commentaire de Geneviève


« ...mais lui vous baptisera d’Esprit Saint. »



Qu’est-ce que ce baptême qui reste encore bien inconnu dans de nombreux territoires de l’Eglise actuelle - bien que ressorti des oubliettes notamment dans les communautés dites nouvelles. Mais qu’en est-il dans les paroisses ??? Et si je l’ai « reçu », qu’est-ce que j’en fais ???



Judith 16, 14« Que toutes tes créatures te servent,
Car tu as dit et elles ont existé,
Tu as envoyé ton esprit
Et il les a construites »



Voilà, Judith a tout dit. Quelque 200-300 ans avant Jean-Baptiste, avant Marc.
Tout le baptême dans l’Esprit est contenu dans les verbes : 5.
Une synthèse grandiose des Causes dans un raccourci au millimètre.


1. Que toutes tes créatures te servent

2. Car tu as dit

3. et elles ont existé

4. Tu as envoyé ton esprit
5. Et il les a construites.

Intention > le service de Dieu par tous
Sa Parole → notre existence
Envoi de son esprit, la troisième personne divine → notre construction
Le baptême dans (ou de) l’Esprit, que je peux demander à recevoir ou plus exactement dans lequel je peux demander à être plongé, quelles qu’en soient les modalités pratiques, met en action l’Adoration et la Contemplation = un travail qui me construit sans arrêt par le déploiement de leurs effets . Et par là il déborde en surabondance en construisant aussi bien la personne avec laquelle je suis en relation que les membres du groupe ou de la communauté dont je fais partie.

- L’Adoration: je reconnais que le Créateur est source de mon être. Je mets donc mon intelligence au service de l’amour et n’en fais pas le miroir d’elle-même en autocréation > sa Parole actue ma capacité d’être. Je suis toujours en acte. A l’intérieur du fait d’exister je vois ce qui demeure : nous sommes faits pour être enfants de Dieu. Dieu regarde la finalité. Il nous regarde de l’intérieur, voit notre désir. Jésus, ton dernier mot a été : j’ai soif ! Pour mettre en nous cette soif. Et la première chose que Dieu regarde en nous, c’est notre soif. Ce que tu veux, Jésus, c’est que notre cœur s’élargisse, que notre amour les uns envers les autres grandisse.
C’est là qu’intervient l’Effusion de ton Esprit = elle sort du dedans au dehors et non l’inverse sinon elle se tarit. Evacuer l’image d’un tonneau qui déverserait des ‘trucs’ bizarres sur nous au gré de caprices divins.
La caractéristique première de sa manifestation est la puissance.
Ainsi, « quand la terre était déserte et vide, (tohu bohu), le souffle de Dieu planait à la surface des eaux. Et Dieu dit : » >> une parole efficace = l’Esprit précède la parole et la rend efficace. La Parole est efficace car elle fait ce qu’elle dit.

- Contemplation ? La croissance repose sur l’esprit de service.
Comment ? Par les dons : les demander tous, les 7. Pas d’histoire de modestie. Et les exercer.
Et plus précisément par les charismes. Les charismes ? Non pas des choses que l’on possède : les uns en auraient, les autres pas ou juste un peu. Houlà ! Celui-ci a le charisme de guérison ? Non ! C’est le Seigneur qui guérit et parfois sans qu’il y ait une parole de connaissance, uniquement par une présence. Celui-là a le charisme de l’exhortation prophétique ? Houlala ! Qu’est-ce que c’est bien, tout ce monde qui suit... Quelle jalousie ! Quel orgueil en perspective ! Le contraire de la croissance. Les charismes qui participent à l’édification des personnes comme des groupes ou des communautés ne se planquent pas dans un sac. Un charisme n’existe que quand on l’exerce, juste le temps de l’exercice ni avant ni après, mais ce temps peut être à mon avis court ou long, selon l’occasion hic et nunc.

Deux exemples : ce peut être l’accomplissement d’un métier et durer des dizaines d’années. J’ai ainsi rencontré la semaine dernière une jeune fille de 16 ans en stage d’aide soignante dans une maison de retraite : à peine l’ai-je vue évoluer dans la salle à manger quelques minutes que j’ai pu lui dire ainsi qu’à sa mère : « j’ai rarement rencontré quelqu’un de si bien « fait » pour ce métier si difficile auquel elle se prépare. » Réponse souriante : " et bien je suis contente de ce que vous me dites. Cela confirme bien son choix. Figurez-vous qu’à l’âge de 7 ans, elle voulait déjà faire ce métier et qu’une mamie lui a dit la même chose : qu’elle était faite pour ça. " = Une adéquation qui se réalise dans un acte. Etre à l’aise, aimer ce qu’on fait. Avec une confirmation venant de l’extérieur. Elle a bien de la chance d’avoir reçu une telle assurance, si jeune.

En deux, simplement, parmi la multitude de témoignages venant de tout bord – car le baptême de l’Esprit ainsi que les dons et les charismes, ne sont pas réservés à une catégorie de gens mais ouverts à tous - voici le dernier exemple personnel en date d’hier « un texte inspiré ».
Si je me suis arrêtée tout de suite lors de ma méditation de cet évangile à l’expérience du « baptême dans l’esprit », autant la manière la plus sobre possible de l’expliciter s’éloignait chaque jour un peu plus, tant je voyais de ‘ choses ’ à dire à ce sujet et toutes également importantes et patati et patata : je me sentais intarissable sur le sujet mais par conséquent avec un résultat prévisible tout à fait indigeste. Alors je me suis tournée vers Dieu et lui ai simplement adressé cette prière de demande : Seigneur, tu sais que ce n’est pas mon genre habituel mais cette fois, voudrais-tu me donner une parole, juste une parole de toute la Bible, une toute petite, qui expliquerait l’essentiel de ce qu’est le baptême dans l’Esprit? Alors j’ai ouvert la Tob et mes yeux sont tombés sur la parole de Judith.
Juste un clin d’œil en passant – rien d’autre - qui m’a amusée. Je l’oublierai. Ma mémoire commence à partir au loin de toute façon.

Encore une précision en passant : pour la personne qui exerce un charisme, cela ne signifie pas en parallèle la manifestation d’une spiritualité plus ‘avancée’ que celle du lot dit commun, voire d’une sainteté extraordinaire – aucun rapport, si ce n’est celui de contribuer aussi au travail de sa marche vers une conversion toujours en route – comme tout un chacun.
Ce qui prime, c’est qu’il s’agit d’un exercice de l’Esprit et dans l’Esprit, en conformité avec l’Ecriture : C’est Dieu qui vient et nous avançons dans l’amour particulier envers chacune des Trois Personnes Divines, dans leur unité et leur distinction, et envers notre prochain. Surtout ne pas en faire un programme mais en avoir le cœur brûlant.

Etre l’acteur ou le récepteur d’un charisme, peu importe, le tout c’est d’accueillir la grâce qui nous visite, et d’avancer sur le Chemin à la suite de Jésus Ressuscité, « un homme parti en voyage » vers nous, « qui a laissé sa maison », « a confié à ses serviteurs » que nous sommes potentiellement, « l’autorité » , l’autorité de son Père qui fait grandir et ne massacre pas, « à chacun sa tâche » propre avec l’ordre de « veiller » , une veille de désir, un désir donné dans ce baptême.



Croître.Non pas grâce à un cours magistral, mais en faisant des T.P. ici et maintenant, le plus possible. C’est notre travail de veille.





Sinon la chrétienté s’étouffe car elle ne respire plus, elle n’a plus d’Air, elle maigrit, se ramollit, se rapetisse car elle se vide de sa vie, de la Vie.



Merci à l’auteur de Judith !


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