Matthieu 16, 21-27
21 A partir de ce moment, Jésus Christ commença à montrer à ses disciples qu'il lui fallait s'en aller à Jérusalem, souffrir beaucoup de la part des anciens, des grands prêtres et des scribes, être mis à mort et, le troisième jour, ressusciter.
22 Pierre, le tirant à part, se mit à le réprimander, en disant : "Dieu t'en préserve, Seigneur! Non, cela ne t'arrivera pas!"
23 Mais lui, se retournant, dit à Pierre : "Retire-toi! Derrière moi, Satan! Tu es pour moi occasion de chute, car tes vues ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes."
24 Alors Jésus dit à ses disciples : "Si quelqu'un veut venir à ma suite, qu'il se renie lui-même et prenne sa croix, et qu'il me suive.
25 En effet, qui veut sauvegarder sa vie, la perdra : mais qui perd sa vie à cause de moi, l'assurera.
26 Et quel avantage l'homme aura-t-il à gagner le monde entier, s'il le paie de sa vie? Ou bien que donnera l'homme qui ait la valeur de sa vie?
27 Car le Fils de l'homme va venir avec ses anges dans la gloire de son Père : et alors il rendra à chacun selon sa conduite.
28 En vérité, je vous le déclare, parmi ceux qui sont ici, certains ne mourront pas avant de voir le Fils de l'homme venir comme toi."
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Si / quelqu'un / veut / venir / à ma / suite, / qu'il se renie lui-même / et prenne sa croix, / et qu'il me suive.
- Si = une réalité subordonnée à la liberté de chacun – ce n’est pas l’oppression d’un ordre, d’un pouvoir.
- Quelqu’un = tous les hommes sans exclusion ni discrimination sociale, culturelle, religieuse.
- Veut = appel à l’exercice de la volonté, pas d’un souhait volatile.
- Venir = début d’un mouvement vers – marque un élan personnel vers une réalité qui n’est pas encore en plein épanouissement et moins encore sur sa fin de course. Je viens = je quitte une immobilité de départ. Comme dans une course, j’étais il y a un millième de seconde dans mes starting blocks et je m’élance en obéissant à une impulsion extérieure.
- A ma suite = voilà l’impulsion, l’appel : suivre non une idée, une tendance, une idéologie, un programme, une doctrine, une règle même en or, mais une personne, quelqu’un de précis, que je connais (depuis peu, très peu ou beaucoup de temps). Suivre et non accompagner en parallèle ou devancer, donc toujours derrière cette Personne qui me parle - à moi personnellement - qui m’a déjà appelée. J’aurai ainsi toujours en ligne de mire un Guide qui m’emmènera sur des chemins, souvent inconnus, inattendus. Ainsi, en ce temps de rayonnement de la fête de l’Assomption, Marie en est le premier exemple : le jour où, encore adolescente, elle s’est mise en route en acceptant d’être la Mère du Sauveur, prévoyait-elle, imaginait-elle tous les évènements qu’elle aurait à traverser jusqu’à nous précéder avec son Fils dans notre marche vers le Royaume de Dieu, dans notre entrée dans sa Gloire ?
- Qu’il se renie lui-même = non pas tomber dans l’impasse d’une aliénation par le reniement de ma personne, moi qui suis dans la paume de Dieu dans toute l’éternité et voulue et engendrée par lui mais renoncer à suivre mon « moi », une polarisation à effacer pour laisser la place à une autre, vitale qui suscitera l’engagement de toutes les dimensions de ma personnalité.
- Et prenne sa croix = Prendre et non supporter ou traîner sa croix, mais l’emmener, l’emporter avec soi. Ce verbe implique également un départ, une acceptation. Et cette croix, celle que le Christ, le premier, a prise, nous pouvons à notre tour la prendre parce que nous sommes d’accord : j’accepte de prendre ma croix, qui ne ressemble à aucune autre - on dirait aujourd’hui : une croix personnalisée. Mais j’allais dire à une condition, celle-ci :
- Et qu’il me suive = la conjonction de coordination est certainement le mot essentiel – à éloigner de toute interprétation de dépendance affective etc. Au contraire je peux alors m’en détacher et ne pas être absorbée par et en elle. Et bien davantage, je vais suivre un autre homme, le Fils de Dieu, qui lui-aussi est en marche continue, tourné constamment vers son père qui est aussi le nôtre. Il porte aussi ma souffrance avec moi.
Jésus, tu m’appelles : viens et suis-moi ! Dire simplement : oui, j’accepte d’entrer dans un mouvement vers Toi, je commence et j’espère que je m’approcherai toujours un peu plus de toi : aucun danger. Tu seras toujours devant moi. Parfois je ferai des faux pas, je trébucherai sur une grosse pierre, parfois même je m’étalerai par terre un bon bout de temps mais tu seras toujours présent devant moi à me dire : viens, suis-moi ! N’aie pas peur ! Relève-toi ! Avance ! Même si je t’oublie ou que je ne te vois plus bien par temps de brouillard – tu es toujours par là.
Ou bien : oui, je poursuis ma marche vers toi que j’ai déjà commencée il y a bien longtemps – il m’arrive de temps à autre de flancher, je n’ai choisi ni le bois de ma croix ni sa taille ni son poids - mais je sais qu’elle ne s’achèvera sur terre que le jour de mon passage en Toi. Je fais un pas après l’autre, chaque jour. C’est tout. Car je sais qu’à Ton exemple, mon Chemin de Croix, déjà peuplé de petites résurrections, est une étape vers la Résurrection finale.
Le Jugement ne se calcule pas selon l’équilibre du fléau d’une balance - une perspective anxiogène qui paralyse combien d’entre nous, surtout à mesure que le grand âge approche - mais sur le mouvement vers, la conduite, le désir, l’intention, voire l’engagement dans la durée de tout mon être. Nous sommes sauvés et progressons dans la miséricorde d’un père qui, avant tout, aime ses enfants. Tous. Davantage encore : fondée sur ma détermination initiale, ma croissance ne s’arrêtera pas le jour de ma mort; elle continuera de se déployer dans cet état appelé Purgatoire jusqu’à mon entrée dans la Gloire : un autre chemin mais toujours une marche vers la Résurrection.
Ainsi, en actualisant cette invitation dans l'instant présent, avec toutes les cellules de mon être, j'assume mon identité totale en me libérant du temps.
Et alors, pensez-vous, la gourde que j’ai emportée dans mon sac à dos pour tenir durant ce voyage si éprouvant, à quoi sert-elle ? A qui en tout premier ? Un autre jour, ce même Homme, mais cette fois sur une croix, a crié :
« J’ai soif ! » J'ai soif de toi. Je désire faire ton bonheur, celui des membres de ta famille, de ton quartier, de ta paroisse, de ton milieu de travail et toujours plus au loin, j’ai soif de leur réponse d’amour. Alors, veux-tu venir avec moi ?
Réalisons-nous, qu’à notre époque, nos contemporains en grande majorité, quelle que soit leur étape dans Son approche, ne sont pas ou plus en contact avec La Bonne Nouvelle, ni en direct ni par la lecture ? Et que le seul visage qu’ils peuvent en avoir, c’est le nôtre ?
Etre le visage de l’Evangile, donc du Christ, donc des Trois Personnes divines, être le visage lisible de La Croix dans ma manière de la porter : n’est-ce pas là le cœur de notre mission universelle dans sa diversité ?
C’est ça le moteur de la nouvelle évangélisation aujourd’hui : que toute l’humanité vive ou revive dans la paternité de Dieu et s’établisse dans sa compassion avec confiance, grâce à mon visage, même s’il n’est pas très chouette, même perdu dans une jungle de campagne ou de ville tentaculaire. Regardant toujours Jésus et non le Vent contraire, chacun - moi dans mon individualité, l’Eglise, l’ensemble de la Communauté chrétienne - est ici appelé à prendre sa croix et à la porter dans l’action de l’Esprit comme une force de vie, une force de joie.
"Réjouissez-vous ", nous dit Pierre (= le même qui a failli couler... de peur), afin “d’être dans la joie et l’allégresse quand sa gloire se révèlera." Réjouissons-nous dès aujourd’hui. N’est-ce pas le plus beau témoignage que nous avons à donner à nos contemporains, si souvent moroses et sans espoir ? Nos chemins sont fréquemment malaisés, caillouteux, mais, malgré les obstacles et les impasses, réjouissons-nous car il y a des chemins d’avenir déjà jonchés de fruits de la Résurrection qui s’ouvrent. Notre Ami nous y précède, Lui qui est "le Chemin, la Vérité et la Vie".
A présent, avançons – en cherchant à faire silence en nous.
Déposons notre croix, notre souffrance, notre question, notre peur, notre résistance, notre ombre, au pied de cet Arbre de Vie. Mettons-nous face à la Croix.
C’est la raison pour laquelle je vais la placer au milieu de mon commentaire et la regarder avec vous : je vous invite à la contempler et à entrer dans son mystère grâce à quelques expériences d’hommes et de femmes qui s’en sont particulièrement approchés. J’en ai choisi 8. Chacun, chacune, va nous donner sa lumière de la Croix, de sa croix qu’il ou elle a accepté de prendre, parce qu’il ou elle a voulu suivre Jésus Christ, aussi, un jour.
Par ordre chronologique:
1/ JACOB - qui boitait de la hanche - supplia Esaü : « Que mon seigneur veuille passer devant son serviteur. Moi, je cheminerai doucement au pas du convoi qui me précède et au pas des enfants... » Genèse 33
Une rencontre brève d’une beauté rare qui me touche.
La croix ? Souvent une rencontre rapide, inattendue avec le surgissement d’une forme du Mal qui veut s’étaler et s’installer dans la durée, une douleur qui, au contraire, suscite le plus souvent des réactions de rejet, de révolte, de violence, d’incompréhension, d’impatience pour s’en débarrasser au plus vite, avec pour seul désir celui de la jeter, de la faire disparaître. Jacob m’apprend que toute rencontre se vit ni dans un repli solitaire ni à la cadence du pas chasseur. Rencontrer la croix qui sera la mienne et toujours devant moi suscite un réglage de mon pas à la sienne, une acclimatation de tout mon organisme physique, moral, intellectuel et spirituel pour que lentement un acclimatement nouveau puisse transformer ma vie.
[En passant, à mon avis - humble - je crois que ces verbes sont ou doivent se mettre au futur donc de toute façon pas de s car rien dans le contexte grammatical n’indique la nécessité d’un conditionnel]
Désastre, disette, tu t’en riras,
Et des bêtes sauvages, n’aie pas peur !
Car tu as une alliance avec les pierres des champs,
Et l’on t’a concilié les fauves de la steppe.
Tu découvriras la paix dans ta tente ;
Inspectant tes pâtures, tu n’y trouveras rien en défaut.
Tu découvriras que ta postérité est nombreuse
Et que tes rejetons sont comme la verdure de la terre...
Quelle est ma force pour que je patiente ?
Quelle est ma fin pour persister à vivre ?...
Vois, Dieu ne méprise pas l’homme intègre,
Ni ne prête main-forte aux malfaiteurs.
Il va remplir ta bouche de rires
Et tes lèvres de hourras.
Tes ennemis seront vêtus de honte,
Et les tentes des méchants ne seront plus. »
« Celui qui a l’épouse est l’époux; quant à l’ami de l’époux, il se tient là, il l’écoute et la voix de l’époux le comble de joie. Telle est ma joie, elle est parfaite. Il faut qu’il grandisse, et que moi, je diminue. »
4/ Saint PAUL épître aux Romains 7 et 8
« ... Effectivement, je ne comprends rien à ce que je fais : ce que je veux, je ne le fais pas, mais ce que je hais, je le fais... Il n’y a donc, maintenant, plus aucune condamnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ. Car la loi de l’Esprit qui donne la vie en Jésus Christ m’a libéré de la loi du péché et de la mort. Ce qui était impossible à la loi, car la chair la vouait à l’impuissance, Dieu l’a fait : à cause du péché, en envoyant son propre Fils dans la condition de notre chair de péché, il condamné le péché dans la chair, afin que la justice exigée par la loi soit accomplie en nous, qui ne marchons pas sous l’empire de la chair, mais de l’Esprit... Cet Esprit lui-même atteste que nous sommes enfants de Dieu. Enfants, et donc héritiers de Dieu, cohéritiers du Christ, puisqu'ayant part à ses souffrances, nous aurons part aussi à sa gloire..."
La Croix = la prendre dans la confiance, la patience et une vraie espérance. Un vieux monsieur de mon coin des Vosges, très au fait de la vie des plantes, m’a appris dernièrement quelque chose d’essentiel pour comprendre ce qui se passe en nous comme autour de nous : l’ivraie n’est pas une mauvaise herbe comme les autres ; elle ne pousse que dans de la bonne terre, pas ailleurs dans des sols arides ou incultes. ... Vous voyez la perspective nouvelle illuminant la parabole de l’ivraie et du bon grain. Très souvent l’adjectif bon est oublié : alors est oublié que les manifestations diverses du démon n’apparaissent que lorsque Jésus est présent. Donc la croix n’existe qu’avec Lui à nos côtés.
Présence de la Croix = Présence de Jésus.
L’une ne va pas sans l’autre. Et c’est Dieu qui, comme à l’origine, quand il a distingué le jour de la nuit, distinguera la lumière de la ténèbre dans les êtres qu’il a non pas créés comme les anges mais qu’il a engendrés. Tout comme il nous a fait confiance durant tout le champ de notre vie toujours entremêlée d’ivraie et de blé, faisons lui confiance pour l’heure de la moisson.
5/ IGNACE DE LOYOLA
En 1537, arrivé à quelques kms de Rome, Ignace, entre dans une chapelle pour prier :
« J’ai cru voir le Christ avec sa croix sur l’épaule et, à côté de lui, le Père éternel qui disait à son fils : « Je veux que tu prennes celui-ci pour ton serviteur. » Et Jésus m’a dit : « Je veux que tu nous serves ».
Prière
Prends, Seigneur et reçois,
toute ma liberté,
ma mémoire,
mon intelligence
et toute ma volonté;
Tout ce que j'ai et possède,
c'est Toi qui me l'as donné:
A Toi, Seigneur, je le rends.
Tout est à Toi,
disposes-en selon Ton entière volonté.
Donne-moi, ton amour et ta grâce :
c'est assez pour moi.
6/ CLAUDE LA COLOMBIERE en 1674 à Paray-le-Monial
Acte d’offrande au Cœur-Sacré de Jésus-Christ
Sacré-Cœur de Jésus,
Apprenez-moi le parfait oubli de moi-même,
puisque c’est la seule voie par où l’on peut entrer en Vous.
Puisque tout ce que je ferai à l’avenir sera à Vous,
faites en sorte que je ne fasse rien qui ne soit digne de Vous.
Enseignez-moi ce que je dois faire
pour parvenir à la pureté de Votre Amour,
duquel Vous m’avez inspiré le désir.
Je sens en moi une grande volonté de vous plaire
et une grande impuissance d’en venir à bout sans une grande lumière
et un secours très particulier
que je ne puis attendre que de Vous.
Faites en moi votre volonté, Seigneur,
je m’y oppose, je le sens bien ;
mais je voudrais bien, ce me semble, ne m’y opposer pas.
C’est à Vous à tout faire, Divin Cœur de Jésus-Christ.
Vous seul aurez toute la gloire de ma sanctification,
si je me fais saint, cela me paraît plus clair que le jour,
mais ce sera pour Vous une grande gloire,
et c’est pour cela seulement que je veux désirer la perfection.
Acte de confiance en Dieu
Je suis si persuadé, mon Dieu, que vous veillez sur ceux qui espèrent en vous, je suis si persuadé qu’on ne peut manquer de rien, quand on attend tout de vous, que j’ai résolu de vivre à l’avenir sans aucun souci et de me décharger sur vous de toutes mes inquiétudes.
Les hommes peuvent me dépouiller et des biens et de l’honneur ; les maladies peuvent m’ôter les forces et les moyens de vous servir, je puis même perdre votre grâce par le péché ; mais jamais je ne perdrai mon espérance, je la conserverai jusqu’au dernier moment de ma vie, et tous les démons de l’enfer feront à ce moment de vains efforts pour me l’arracher. Que les uns attendent leur bonheur, soit de leurs richesses soit de leurs talents ; que les autres s’appuient ou sur l’innocence de leur vie ou sur la rigueur de leur pénitence, ou sur le nombre de leurs aumônes, ou sur la ferveur de leur prière ; pour moi, Seigneur, toute ma confiance, c’est ma confiance-même.
Cette confiance ne trompa jamais personne. Je suis donc assuré que je serai éternellement heureux parce que j’espère éternellement de l’être et que c’est de vous, ô mon Dieu, que je l’espère.
Je connais, hélas !, et il n’est que trop vrai, combien je suis fragile et changeant ; je sais ce que peuvent les tentations contre les vertus les mieux affermies ; j’ai vu tomber les astres du ciel et les colonnes du firmament ; mais toutes ces chutes ne peuvent m’effrayer ; tant que j’espèrerai, je me crois à couvert de tous les malheurs, et je suis sûr d’espérer toujours parce que j’espère encore de votre libéralité cette invariable espérance. Enfin, je suis intimement convaincu que je ne puis trop espérer en vous et que ce que j’obtiendrai de vous sera toujours au-dessus de ce que j’aurai espéré ; ainsi, j’espère que vous m’arrêterez sur les penchants les plus rapides, que vous me soutiendrez contre les plus furieux assauts et que vous ferez triompher ma faiblesse de mes plus redoutables ennemis.
J’espère que vous m’aimerez toujours, et qu’à mon tour, je vous aimerai sans relâche ; et pour porter tout d’un coup mon espérance aussi loin qu’elle peut aller, je veux espérer vous-même de vous-même, ô mon Créateur, et pour le temps et pour l’éternité. Amen.
(Sermon 68 sur la confiance)
7/ LOUIS-MARIE GRIGNION DE MONTFORT 1673-1716
Voici l’acte de consécration de soi-même à Jésus par les mains de Marie proposée à la fin des retraites dans les Foyers de Charité (extrait) :
« .. Je me donne tout entier à Jésus-Christ, La Sagesse incarnée, pour porter ma croix à sa suite, tous les jours de ma vie, et afin que je lui sois plus fidèle que je n’ai été jusqu’ici.
en présence de toute la cour céleste
pour ma mère et ma reine.
Je vous livre et consacre,
en toute soumission et amour
mon corps et mon âme,
mes biens intérieurs et extérieurs,
et la valeur même de mes bonnes actions
passées, présentes et futures,
vous laissant un entier et plein droit
de disposer de moi
et de tout ce qui m'appartient
sans exception, selon votre bon plaisir,
à la plus grande gloire de Dieu
dans le temps et l'éternité.
8 / MARTHE ROBIN
Voici quelques citations provenant de la collection « Les cahiers de Marthe Robin » aux éditions Foyer de Charité : ‘Depuis les années 1930 jusqu’à sa mort en 1981, chaque jeudi Marthe consentait à revivre la passion, la mort et la résurrection de Jésus. Elle a laissé plusieurs cahiers de ce qu’elle vivait et priait chaque semaine...’
J’ai relevé quelques passages d’abord dans :
° La douloureuse Passion du Sauveur I – Préparation de la Pâques 2008
P.39 “Pendant que les deux apôtres Pierre et Jean étaient occupés à Jérusalem aux préparatifs de la Pâque, Jésus qui était resté à Béthanie y faisait ses adieux, ses tristes et touchants adieux à ses amis et aux saintes femmes qui s’y trouvaient : notamment à Lazare, à Marthe et à Marie-Magdeleine. Il s’entretint longuement avec les deux sœurs, et leur donna encore quelques instructions et de nombreux conseils pour l’avenir, tout particulièrement pour les trois jours suivants. Il leur parla à toutes deux des grands évènements qui se préparaient dans Jérusalem et leur recommanda surtout le calme et la prière tous ces jours à venir [...] Puis, les pressant une dernière fois sur son cœur, il les baisa au front et prit congé d’elles, ému jusqu’au fond de l’âme à la pensée de leur séparation.
Je le vis ensuite s’entretenir seul à seul avec sa divine Mère, avec qui il demeura longtemps. Comme il avait annoncé à ses disciples sa Passion prochaine, il ne manqua pas d’y préparer encore sa Mère et il s’en acquitta comme d’un devoir de reconnaissance et de piété filiale [...] Il était nécessaire cependant qu’elle reçût une initiation plus directe encore au grand mystère qui allait s’accomplir, elle qui devait prendre à tout une part unique et y jouer un rôle éternel [...] Elle qui, dans les desseins éternels du Père, devait unir et fondre ses souffrances aux infinies souffrances et au sacrifice de son divin Fils, comme elle s’était unie et avait partagé son divin labeur et ses joies [...] Toutefois, même prévue et consentie des centaines de fois, malgré aussi toute la délicatesse que mettait le Seigneur à la préparer, cette Passion annoncée toute proche par celui qui allait la subir étreignait son âme d’une indicible angoisse, et elle lui en fit part. Mais Jésus la rassura aussitôt : « Ne vous désolez pas, lui dit-il, je ne vous laisserai pas seule. Caché dans l’Eucharistie, je vivrai près de vous, avec vous, en vous. Comme à mes apôtres, il vous est plus avantageux que je m’en aille, car après que ma forme visible aura disparu de la terre, notre intimité, loin d’en être brisée ou diminuée, en sera plus grande et plus complète que pendant les années de ma vie publique où nous étions obligés d’être souvent séparés. » Malgré sa douleur, Jésus continua cependant à l’entretenir et la mit au courant de tout ce qu’elle aurait à faire dans la nouvelle Eglise. Il lui dit le rôle immense et l’action toute surnaturelle qu’elle aurait à remplir auprès des apôtres après sa mort. Il lui dit qu’elle aurait souvent à relever leur courage et à les orienter dans leurs devoirs, à les aider de ses lumières et de ses conseils ; à les soutenir dans leurs épreuves et dans toutes les afflictions qui fondraient sur eux. Il lui dit qu’elle aurait souvent à les reprendre dans leurs faiblesses, à prévenir leurs défaillances, à les encourager dans la sainte voie de la Croix. [...]
P. 70 Et maintenant Jésus, il faut vous en aller... Il faut tremper vos lèvres à la coupe de toutes les souffrances, boire à l’amer calice de l’agonie... Il faut sortir du Cénacle clair et intime pour aller à la Passion et à la mort [...]
Mon Dieu, qu’il m’est bon et doux d’envisager toutes les peines, souffrances, difficultés, afflictions, comme un calice présenté par vous, pour vous l’offrir. Chaque matin je puis dire : aujourd’hui j’aurai mon calice, celui des joies intérieures, telles que la Messe, et celui bien douloureux de la souffrance de tous les jours et de tous les instants, sans arrêt ni repos jamais. [...]
Ainsi j’expérimente à tout instant, avec un véritable profit surnaturel, qu’il n’y a rien de redoutable là où règne l’amour du Père ! Rien de douloureux là où se trouve la gloire du Christ, et que les épreuves même les plus cruelles, les souffrances même les plus crucifiantes, sont non seulement sans effets néfastes pour l’âme, elles sont non seulement un terrible échec pour le perfide serpent, mais un grand bien divin pour ceux qui aiment Dieu et qui le servent par amour et non par crainte, car ils vivront à jamais avec lui...
Puis dans :
° Les passions de Marthe Robin relatées par le Père Faure, Curé de Châteauneuf-de-Galaure 2009
‘Entre 1933 et 1938, l’abbé Faure relate fidèlement sur de petits agendas les paroles qu’il entend lorsque le vendredi Marthe Robin revit la Passion de Jésus. Ces notes, simples et directes, nous font comme entrer dans la prière de Marthe le vendredi...’
Vendredi 10 mars 1933
« O mon Dieu ! Pardonnez-leur... Jésus, mon Jésus... faites qu’ils vous aiment... Faites qu’ils vous aiment, ô mon Jésus.
O Jésus, oui mon Jésus, disposez de moi pour toutes les âmes et en toutes choses, pour l’accomplissement de mon devoir d’amour. O mon Jésus, je vous apporte toutes les âmes, bénissez-les, bénissez mon père, bénissez sa paroisse. Bénissez notre France. Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’avez-vous abandonné ?... » Puis elle a jeté un cri et a incliné la tête.
14h55 – 16h17 A parlé en outre à plusieurs reprises, mais d’une façon incompréhensible. N’ai pu saisir que le mot « prêtre ».
Vendredi 17 mars 1933
Pas une seule parole. A incliné la tête à 14h57 – 16h05.
Durant ce temps, quelques soupirs plaintifs assez légers mais bien perceptibles.
Vendredi 24 mars 1933
« O mon Jésus... O Amour qui n’est pas aimé... inflamme mon ardeur... consume mon cœur... absorbe-moi en toi, ô Jésus... Jésus, Prêtre et Victime, Jésus Eucharistie, fais-moi t’aimer comme jamais encore tu n’as été aimé ni de moi ni de personne. Moi aussi j’ai soif... j’ai soif de Toi. Sitio, ô Jésus... »
Vendredi 30 avril 1937
« Confondez-les, Seigneur, en les empêchant de nuire. Oh oui, mon Dieu, manifestez votre volonté à tous vos apôtres. Montrez-leur ce qu’il faut faire, comment il faut agir. Mon Dieu, relevez la France par votre amour.
Oh oui mon Jésus, hâtez dans cette œuvre 1 l’accomplissement de vos desseins d’amour ! Montrez à vos prêtres chargés de l’accomplir votre volonté sur elle ! Hâtez votre règne, oh oui ! mon Dieu, hâtez votre règne, achevez votre victoire sur le monde. »
NB1 Quelle œuvre ? Vraisemblablement le Foyer de Charité puisque, plus loin, Marthe précise que Jésus veut cette œuvre « ici », comme dans le texte qui parle de la fondation du Foyer : « C’est alors qu’il [Jésus] me parla de l’œuvre splendide qu’il voulait réaliser ici. »
Vendredi 7 mai 1937
Arrivé à 15h08, n’ai pu entendre que ces paroles : « Mon Père, je remets mon âme entre vos mains. » Contrairement aux autres vendredis, a incliné la tête à 15h14.
Vendredi 6 mai 1938
Pas de sang ni au front ni aux joues. Dernières paroles comme à l’ordinaire.
Vendredi 13 mai 1938
Sang au front mais pas aux joues ni aux yeux.
Vendredi 20 mai 1938
Beaucoup de sang au front et le long des joues.
Vendredi 27 mai 1938
Du sang au front seulement. Inerte de 16h à 18h26
Et en toute simplicité, l’une des miennes complètement ‘à côté’ par inadvertance :
Je savais bien que toute rencontre était forcément impossible durant les jours où elle était dans la Passion, un temps qui s’accroissait avec les années, plus seulement dès le jeudi soir jusqu’au vendredi après-midi mais plus de journées avant et après et principalement une longue durée avant le Vendredi Saint. Or, à la fin d’une autre visite, n’ayant pas bien vérifié le calendrier, comme je lui demandais la possibilité d’envisager une prochaine venue à une période se situant bien avant Pâques, elle m’a simplement dit :
« Geneviève, je ne pourrai pas . »
Un silence est tombé. Plus rien ne pouvait plus se dire. L'infini était là.
L’entretien s’est alors achevé comme d’habitude par :
" Quelle prière voulez-vous que nous disions ? "
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Laquelle choisissez-vous aujourd’hui ?
pour elle et à ses intentions
pour l’Eglise et le monde entier
pour les vôtres
En lien avec tous les autres Amis ou Chevaliers de la Croix
Regardons son visage, un visage qu’elle a consenti d'avoir chaque semaine durant 50 ans
Prière pour demander sa béatification
Cœur sacré de Jésus,
tu as manifesté à Marthe
ton grand dessein d'amour et de vie,
pour attirer vers toi ceux qui te cherchent ou t'ont oublié,
et pour que son incessante offrande
de compassion et de miséricorde
participe à une nouvelle Pentecôte.
Nous te demandons que sa béatification par l'Eglise
serve à te faire connaître,
Toi, Parole vivante d'amour et de paix,
et que par l'intercession de Marie,
nous suivions son exemple
pour répondre aux appels de tous nos frères.
Daigne exaucer les prières que nous t'adressons
par ta servante Marthe
en sorte que soient manifestées ta joie et ta gloire,
Amen
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