samedi 2 juillet 2011

Evangile du DIMANCHE 17 juillet



Matthieu 13, 24-43


24 Il leur proposa une autre parabole : « Il en va du Royaume des cieux comme d'un homme qui a semé du bon grain dans son champ.
25 Pendant que les gens dormaient, son ennemi est venu ; par-dessus, il a semé de l'ivraie en plein milieu du blé et il s'en est allé.
26 Quand l'herbe eut poussé et produit l'épi, alors apparut aussi l'ivraie.
27 Les serviteurs du maître de maison vinrent lui dire : « Seigneur, n'est-ce pas du bon grain que tu as semé dans ton champ ? D'où vient donc qu'il s'y trouve de l'ivraie ? »
28 Il leur dit : « C'est un ennemi qui a fait cela. » Les serviteurs lui disent : « Alors, veux-tu que nous allions la ramasser ? »
29 « Non, dit-il, de peur qu'en ramassant l'ivraie vous ne déraciniez le blé avec elle.
30 Laissez l'un et l'autre croître ensemble jusqu'à la moisson, et au temps de la moisson je dirai aux moissonneurs : Ramassez d'abord l'ivraie et liez-la en bottes pour la brûler ; quant au blé, recueillez-le dans mon grenier. »
31 Il leur proposa une autre parabole : « Le Royaume des cieux est comparable à un grain de moutarde qu'un homme prend et sème dans son champ.
32 C'est bien la plus petite de toutes les semences ; mais, quand elle a poussé, elle est la plus grande des plantes potagères : elle devient un arbre, si bien que les oiseaux du ciel viennent faire leurs nids dans ses branches. »
33 Il leur dit une autre parabole : « Le Royaume des cieux est comparable à du levain qu'une femme prend et enfouit dans trois mesures de farine, si bien que toute la masse lève. »
34 Tout cela, Jésus le dit aux foules en paraboles, et il ne leur disait rien sans paraboles,
35 afin que s'accomplisse ce qui avait été dit par le prophète : J'ouvrirai la bouche pour dire des paraboles, je proclamerai des choses cachées depuis la fondation du monde.
36 Alors, laissant les foules, il vint à la maison, et ses disciples s'approchèrent de lui et lui dirent : « Explique-nous la parabole de l'ivraie dans le champ. »
37 Il leur répondit : « Celui qui sème le bon grain, c'est le Fils de l'homme ;
38 le champ, c'est le monde ; le bon grain, ce sont les sujets du Royaume ; l'ivraie, ce sont les sujets du Malin ;
39 l'ennemi qui l'a semée, c'est le diable ; la moisson, c'est la fin du monde ; les moissonneurs, ce sont les anges.
40 De même que l'on ramasse l'ivraie pour la brûler au feu, ainsi en sera-t-il à la fin du monde :
41 le Fils de l'homme enverra ses anges ; ils ramasseront, pour les mettre hors de son Royaume, toutes les causes de chute et tous ceux qui commettent l'iniquité,
42 et ils les jetteront dans la fournaise de feu ; là seront les pleurs et les grincements de dents.
43 Alors les justes resplendiront comme le soleil dans le Royaume de leur Père.

Entende qui a des oreilles ! »

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Commentaire de Geneviève




Alors, laissant les foules, il vint à la maison, et ses disciples s'approchèrent de lui et lui dirent : « Explique-nous la parabole de l'ivraie dans le champ. »

Vous, les disciples, vous venez aussi de quitter les foules, vous étiez au milieu d’elles, et comme tout le monde vous venez d’entendre trois nouvelles paraboles de votre Maître. Il devait faire très beau. Lui était seul dans sa barque sur le lac de Tibériade et il s’est adressé à vous tous qui étiez agglutinés sur le rivage. Vous avez bien perçu ses paroles en dépit de la distance, car, comme tout bon enseignant, il a veillé à d’abord bien se faire comprendre en articulant. La base de tout. Et d’une voix claire et forte – bien plus fort que lorsqu’il vous enseigne à l’écart.

Que de questions ! Que d’incompréhensions... Alors, nous nous sommes dits entre nous : « Bon ! On a compris la deuxième et la troisième mais alors la première ! Qu’est- ce que ça veut bien dire ? Qu’est-ce que cette ivraie qu’il conseille de laisser pousser en même temps que le bon grain – en dépit du bon sens ? On va tout de suite l’interroger, dès qu’il aura accosté, qu’il sera revenu ''à la maison'', vous le savez, celle de Pierre - car nous sommes en ce moment de nouveau à Capharnaüm et nous logeons tous chez lui, Jésus est son hôte : vous diriez que c’est notre base logistique pour notre travail d’évangélisation. »

- Et ses disciples s’approchèrent de lui = un mot, une démarche que j’aime beaucoup. Elle se retrouve à d’autres instants mais j’ai l’impression de la découvrir aujourd’hui et de la faire mienne : Jésus, je m’approche de toi. N’est-ce pas là le secret de toute prière ? Plus précisément le secret de toute entrée en prière... Les disciples, eux, ont besoin de se rapprocher de Jésus, physiquement : notre Maître n’explique jamais les paraboles aux foules mais toujours à nous seuls, en tête à tête. Pourquoi ? Parce que c’est un Maître : pour nous apprendre aussi à en fabriquer quand nous partirons au loin.

Quel pédagogue ! Cette façon imagée les pique encore davantage, elle les met sur le chemin de la recherche dans l’instant et pour le futur.

- et lui dirent : « Explique-nous... Ensuite seulement vient l’objet de ma venue : Jésus, explique-moi : qu’est-ce que ça veut dire ? Cet évènement? Cette parole ? Explique-moi : pourquoi ceci, pourquoi cela ? Explique-moi : que faire, que dire...Je ne comprends pas. Nous aussi, nous sommes dans la posture de ces hommes tellement proches de nous, tellement identiques dans le fond et quelle que soit notre ‘distance’ du commencement de notre approche du Christ.

Explique = dé- plie, déplie ce linge plié en quatre ou en mille pour que nous puissions le voir clairement, complètement à plat.

Rends-nous claire et intelligible la parabole de l’ivraie dans le champ que tu viens de nous donner. On aime bien tes paraboles avec tes images parce qu’elles nous permettent de saisir tout de suite ce que tu veux dire mais alors celle-là ...On est ce qu’on est - même les plus futés d’entre nous, les plus instruits n’ont rien compris. Faut faire avec. Recommence – mais cette fois en nous donnant la clé.

Tu as dit : « C'est un ennemi qui a fait cela » Qui c’est ? Voilà, on s’assoit... nous t’écoutons.
Pus de cours en amphi mais cours particulier : vous suivez maintenant un stage de formation spécifique. Quelle journée ! Nous allons bien dormir... avec notre Ami... Demain matin à l’aube : au boulot.


Quelle joie a du éprouver Jésus en entendant la demande si humble, si pauvre de ses tout-petits ! : comme celle de tout enseignant, lorsqu’à la fin du cours, encore à son bureau dans sa classe ou dans la cour, il voit s’approcher ses élèves, pas seulement un, mais un groupe venir à lui et lui dire en chœur : « Expliquez-nous ce que vous venez de nous enseigner : nous n’avons pas compris... ». Loin d’être une interpellation visant à mettre en défaut une faiblesse pédagogique – normalement les élèves doivent avoir tout saisi à la fin d’un « bon cours » – et bien parfois et souvent : non. Il faut recommencer et encore recommencer et « déplier » toujours par d’autres voies, d’autres moyens.

Réponse claire, nette et précise :

Celui qui sème le bon grain ? C'est le Fils de l'homme ;
Le champ ? C'est le monde ;Le bon grain ? Ce sont les sujets du Royaume ;
L'ivraie ? Ce sont les sujets du Malin ;
L'ennemi qui l'a semée ? C'est le diable ;
La moisson ? C'est la fin du monde ;
Les moissonneurs ? Ce sont les anges.


> Avez-vous remarqué que :

1. il n’y a ivraie que lorsqu’il y a bon grain ?
2. l’ennemi n’est présent que lorsque Jésus est présent ?
3. par conséquent il est absent quand Jésus est absent ?
4. la présence du Malin signifie donc la présence du Christ ?

Ainsi, voir une action ou vivre dans une situation semée par le diable n’a pas à m’entraîner dans l’incompréhension, le rejet, le découragement ou le désespoir lié à un abandon (Où est-Il, le Seigneur ? Ce n’est pas possible qu’il permette ça ! etc. etc.)
Bien au contraire, ces expériences me mènent à la JOIE : c’est parce qu’Il est là, à mes côtés, dans cette épreuve douloureuse, que son Ennemi se démène sinon il me laisserait ‘tranquille’ : rien à craindre, je n’ai pas besoin de me pointer. Paradoxe : c’est lorsque c’est le calme plat qu’il faut commencer à s’inquiéter.

Forcément les sujets du Royaume ont à combattre l’Ennemi, le « dia-bolos », celui qui se met en traversqui sème la désunité partout, par tous les moyens. Cette parabole révèle le mystère de l’iniquité : aucune explication du monde ne peut se faire sans référence à Satan. Le mal n’est pas un vague concept psycho-moralo-religioso qui serait inhérent à notre nature humaine, dont Dieu d’ailleurs est souvent accusé d’être lui-même l’auteur - un mal qu’on passerait notre temps à réduire comme on peut, en nous comme dans les autres, de manière coercitive ou perfectionniste à la force de nos poignets personnels à nous.
Le mal, c’est le Malin : un être spirituel, en dehors de nous – libre.

Voilà le cœur du combat dans lequel nous sommes tous plongés. Sinon on ne comprend toujours rien à tout ce que nous avons à affronter aussi bien dans notre vie personnelle et professionnelle que dans la vie de l’Eglise, de la nouvelle évangélisation, de notre société, de nos pays.
Car nous ne sommes pas seuls. Jamais.
Jésus, Tu es toujours là, complètement présent dans ce que je vis aujourd’hui. C’est pourquoi je peux t’en parler.
Ce passage nous met en face des premiers hommes qui ont eu le pouvoir de chasser les démons – à qui, avant de les envoyer en mission, « Jésus donna autorité sur les esprits impurs, pour qu’ils les chassent et qu’ils guérissent toute maladie et toute infirmité. » 10,1. Ce ne sont pas eux qui ont chassé les démons mais Jésus qui était avec eux.
C’est pour cela qu’ils ont été fondamentalement heureux au retour de leur premier chantier de travail.
Mais ils ne sont pas uniques :
Cf. Heureux ceux qui... heureux ceux qui...
Cf. Les personnes qui vont jusqu’au bout de cet affrontement et donnent leur vie - de mille manières concrètement - avec Joie.
Cf. Les saints, qui ne sont rien d’autre que des gens qui vivent cette lutte au plus près, souvent jusque dans leur chair- mais qui restent dans le Repos.

Et nous aussi, à notre place, de part notre baptême, nous sommes entraînés dans leur sillage, en JOIE.



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Seigneur, je continue à comprendre.
Je te le dis : « déplie chaque jour un peu plus la parabole de l’ivraie dans mon champ, dans le champ du monde d’aujourd’hui,
pour que, le jour de la moisson, personne ne reste éloigné, par l’action de l’Ennemi, de notre Père mais que chacun, librement, entre dans votre Maison. »


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Commentaire de Philippe


Voilà donc trois paraboles. Ce qui me frappe, c’est l’expression « il leur dit [ou il leur proposa] une autre parabole » trois fois réitérées. Il y a là une insistance. L’Évangéliste, dans sa manière de les raconter, suggère qu’elles ont été dites les unes après les autres par Jésus. Et si l’Église les propose à notre méditation en ce dimanche, c’est pour faire écho à la suggestion de Matthieu. Il faut que ces paraboles dites les unes après les autres, en un lieu et un moment qui ne nous sont pas précisés, aient une cohérence interne forte. Il s’agit de la trouver.
Je note que toutes font référence aux mystères de la croissance, celle des plantes (l’ivraie et le bon grain, la graine de sénevé, et le travail mystérieux de la levure, dont une petite pincée suffit à faire lever la pâte). Et puis il y a l’explication de Jésus, qui assimile le bon grain aux sujets du Royaume et l’ivraie à ceux du Malin. C’est donc bien de la croissance de l’homme dont il s’agit ici, et de la croissance dans la foi. Il suffit d’en avoir gros un grain de moutarde, la plus petite des plantes potagères, pour que grandissant avec elle et en elle, nous atteignions une dimension que rien ne laisse soupçonner au départ. La parabole du bon grain et de l’ivraie ne laisse aucun doute sur la difficulté que le disciple rencontre dans sa vie de disciple. C’est qu’il pousse avec l’ivraie. Il n’est pas question d’arracher l’ivraie pendant qu’elle pousse en même temps que le bon grain. Toute créature pousse au soleil du Créateur, qui le fait luire sur les bons comme sur les méchants. Il y a pour nous une très grande leçon à tirer de cette sagesse : notre Église n’est une Église de purs ou de parfaits, elle est faite de disciples qui croissent, avec tous les aléas de la croissance, ceux du péché essentiellement et de la rupture momentanée de l’alliance. Mais le semeur est là qui prend soin du grain qu’il a semé (c’est que nul n’arrachera à Jésus ceux le Père lui a donné). Il l’arrose de sa grâce, de sa miséricorde, de son amour.
Il y a aussi quelque chose d’important dans ces paraboles, c’est le côté invisible, mais irrésistible du travail de la vie, que ce soit celui de la levure, ou celui de la graine de moutarde. Bien fragile, bien peu que cette pincée de levure, que cette petite graine. Et pourtant, elles portent en elles leur fruit.
Et puis il y a la scène du jugement. Nous faisons semblant d’ignorer que le Seigneur est le Maître du jugement (tout pouvoir lui a été remis). Nul ne sait quelle en sera la forme. On peut imaginer que devant la splendeur de Dieu impossible à concevoir sur cette terre, c’est notre regard sur nous-même qui nous jugera. Mais ce qui est sûr, car on ne peut abolir la Parole de Jésus, c’est qu’il y aura un jugement. Et le bon grain sera séparé de l'ivraie.
Nous serons jugés sur l’amour : As-tu aimé, dira notre Créateur ? Qu’au jour du jugement, je puisse répondre "oui" sans mentir, en reconnaissant mes manques et mes faiblesses, mes refus et mes péchés, mais en affirmant que j’ai toujours eu recours à la miséricorde du Père à nous promise et affirmée par Jésus, qui a donné sa vie en preuve de cette incroyable vérité.









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