Matthieu 11, 25-30
25 En ce temps-là, Jésus prit la parole et dit : « Je te loue, Père, Seigneur du ciel et de la terre, d'avoir caché cela aux sages et aux intelligents et de l'avoir révélé aux tout-petits.
26 Oui, Père, c'est ainsi que tu en as disposé dans ta bienveillance.
27 Tout m'a été remis par mon Père. Nul ne connaît le Fils si ce n'est le Père, et nul ne connaît le Père si ce n'est le Fils, et celui à qui le Fils veut bien le révéler.
28 Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi je vous donnerai le repos.
29 Prenez sur vous mon joug et mettez-vous à mon école, car je suis doux et humble de coeur, et vous trouverez le repos de vos âmes.
30 Oui, mon joug est facile à porter et mon fardeau léger.»
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26 Oui, Père, c'est ainsi que tu en as disposé dans ta bienveillance.
27 Tout m'a été remis par mon Père. Nul ne connaît le Fils si ce n'est le Père, et nul ne connaît le Père si ce n'est le Fils, et celui à qui le Fils veut bien le révéler.
28 Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi je vous donnerai le repos.
29 Prenez sur vous mon joug et mettez-vous à mon école, car je suis doux et humble de coeur, et vous trouverez le repos de vos âmes.
30 Oui, mon joug est facile à porter et mon fardeau léger.»
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Commentaire de Philippe
Autant le dire avant d’entrer dans la méditation : ce texte me bouleverse et me rencontre au plus intime de mon expérience personnelle. Oh, j’en ai vu des sages, des intelligents, des savants, pendant ma vie professionnelle. Aucun de ceux que j’ai rencontrés, aussi abordables qu’ils aient été, n’a atteint la simplicité de la phénicienne qui se compare aux petits chiens se régalant des miettes tombées de la table du Maître, exemple pour moi le plus pénétrant de la simplicité de cœur.
Voilà qui saisit tout l’être : c’est aux tout-petits que les mystères du royaume sont révélés, et cette révélation est inscrite dans le plan d’amour de Dieu pour l’homme, puisqu’il est dit :« c’est ainsi que tu l’as disposé dans ta bienveillance ».Mais que veut dire "tout-petits" ?
D’abord et à l’évidence, Jésus parle des pauvres, des pauvres matériellement et culturellement : ils ne sont ni sages, ni intelligents (d’autres traductions donnent plutôt le mot « savant »). Il nous faut prendre cette parole au pied de la lettre. Voilà les premiers dans le cœur de Dieu.Mais alors les sages et les intelligents (ceux que le monde reconnaît pour tels) seraient-ils exclus du salut annoncé par Jésus ? Ce serait terrible. La réponse est non. Il leur est possible de rentrer dans le Royaume, à la condition d’avoir une âme d’enfant : émerveillement, obéissance, confiance, accueil des faits et des paroles dépourvu de tout jugement a priori (et c’est pourquoi Jésus dit des responsables des scandales qu’il aurait mieux valu qu’ils ne fussent jamais nés), sans défense, voilà l’enfant.
Première leçon : avoir une âme d’enfant.D’abord et à l’évidence, Jésus parle des pauvres, des pauvres matériellement et culturellement : ils ne sont ni sages, ni intelligents (d’autres traductions donnent plutôt le mot « savant »). Il nous faut prendre cette parole au pied de la lettre. Voilà les premiers dans le cœur de Dieu.Mais alors les sages et les intelligents (ceux que le monde reconnaît pour tels) seraient-ils exclus du salut annoncé par Jésus ? Ce serait terrible. La réponse est non. Il leur est possible de rentrer dans le Royaume, à la condition d’avoir une âme d’enfant : émerveillement, obéissance, confiance, accueil des faits et des paroles dépourvu de tout jugement a priori (et c’est pourquoi Jésus dit des responsables des scandales qu’il aurait mieux valu qu’ils ne fussent jamais nés), sans défense, voilà l’enfant.
Deuxième leçon. On ne peut aller au Père sans passer par le Fils.La vie du Fils, le comportement du Fils, l’amour du Fils pour le Père, son obéissance qui va jusqu’à la croix, oui, la croix pour Lui le Juste par excellence, ce sont là les exemples que Jésus nous invite à imiter. Jésus appelle ceux qui ploient sous le fardeau de la douleur et des inévitables souffrances de la condition humaine, ainsi que du péché et de la mort, pour mettre sur leurs épaules un autre joug, le sien, qui est un joug léger, un joug qui repose. Voilà ce que le monde ne peut pas comprendre.Qu’un tel joug nous mette dans le repos, c’est un scandale pour le monde.
Quoi, ne pas prendre du plaisir ? Ne pas s’éclater, ne pas jouir, ne pas suivre ses désirs, c’est la voix du repos ? Impossible.Pour accepter cette parole, en vivre, la savourer dans sa plénitude et sa profonde vérité, aussi bien humaine que spirituelle, il faut accepter le don de la Foi.
La troisième leçon, la voilà : Jésus est un maître en humanité, et il sait mieux que quiconque, lui qui a pris notre condition humaine, ce qu’est le bonheur, DEJA SUR CETTE TERRE.
Quoi, ne pas prendre du plaisir ? Ne pas s’éclater, ne pas jouir, ne pas suivre ses désirs, c’est la voix du repos ? Impossible.Pour accepter cette parole, en vivre, la savourer dans sa plénitude et sa profonde vérité, aussi bien humaine que spirituelle, il faut accepter le don de la Foi.
La troisième leçon, la voilà : Jésus est un maître en humanité, et il sait mieux que quiconque, lui qui a pris notre condition humaine, ce qu’est le bonheur, DEJA SUR CETTE TERRE.
Ah ! Seigneur, ne détourne pas ta face ! Fais-moi vivre de ta vie divine, et ne permets pas que je sois jamais séparé de Toi.
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Commentaire d' André
Suivre Jésus ?
Faut-il de grands diplômes ?
St Pierre était un simple pêcheur de poissons, Ste Thérèse n'était pas une érudite. Plus notre ego grandit et plus nous nous éloignons de Jésus. Face aux mystères de la Création, scientifiques et théologiens arrivent à un certain point où tous se retrouvent muets et impuissants. Quitter nos têtes à la nuque raide et revenir à la pureté d'enfant nous rapprochent du Christ. Quoi de plus juste et beau qu'un moment de silence dans une nature belle et pure, reposée et sereine, que nous inspirent la création et la VIE ?
Et Dieu est la VIE.
Le "repos" et "l'enfance" sont identiques : ne dit-on pas "il dort comme un enfant?" Le Psaume le redit: " Dieu comble son bien-aimé quand il dort"! C'est l'apaisement, ce n'est plus la bataille de Jacob et de l'ange. L'enfant "reçoit" et "écoute", et le Seigneur ne cesse de nous dire : "écoute Israël !"
Laissons-nous regarder par le Christ, faisons taire en nous nos convictions et nos savoirs.
Car Dieu nous avait dit dans l'Ancien Testament, lorsque nos querelles et nos égoïsmes étaient en nous : "jamais ils n'entreront dans mon REPOS "!
Jésus ne cesse de nous souhaiter la Paix, donc le repos et l'apaisement.
Y a-t-il plus doux et léger qu'un repos ? Ainsi porter sa croix à sa manière à lui devient légère !!!
Faut-il de grands diplômes ?
St Pierre était un simple pêcheur de poissons, Ste Thérèse n'était pas une érudite. Plus notre ego grandit et plus nous nous éloignons de Jésus. Face aux mystères de la Création, scientifiques et théologiens arrivent à un certain point où tous se retrouvent muets et impuissants. Quitter nos têtes à la nuque raide et revenir à la pureté d'enfant nous rapprochent du Christ. Quoi de plus juste et beau qu'un moment de silence dans une nature belle et pure, reposée et sereine, que nous inspirent la création et la VIE ?
Et Dieu est la VIE.
Le "repos" et "l'enfance" sont identiques : ne dit-on pas "il dort comme un enfant?" Le Psaume le redit: " Dieu comble son bien-aimé quand il dort"! C'est l'apaisement, ce n'est plus la bataille de Jacob et de l'ange. L'enfant "reçoit" et "écoute", et le Seigneur ne cesse de nous dire : "écoute Israël !"
Laissons-nous regarder par le Christ, faisons taire en nous nos convictions et nos savoirs.
Car Dieu nous avait dit dans l'Ancien Testament, lorsque nos querelles et nos égoïsmes étaient en nous : "jamais ils n'entreront dans mon REPOS "!
Jésus ne cesse de nous souhaiter la Paix, donc le repos et l'apaisement.
Y a-t-il plus doux et léger qu'un repos ? Ainsi porter sa croix à sa manière à lui devient légère !!!
Rechercher Dieu , étudier et passer par la science : OUI.
Mais regardez : les plus véritables grands de ce monde ont été SIMPLES ET HUMBLES.
Mais regardez : les plus véritables grands de ce monde ont été SIMPLES ET HUMBLES.
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Commentaire de Geneviève
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P R I E R E d ' E N T R E E
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Seigneur Jésus, aide-moi à t’écouter, à entendre et à comprendre ce que tu veux me dire aujourd’hui.Donne-moi de mieux saisir la prière de louange.
Après un enseignement en forme de cours particulier (« Ayant fait venir ses douze disciples ») et leur envoi en mission, cette parole-ci se donne en principe sur le lieu des anciens domiciles de ses disciples. Par conséquent à chaque fois devant nombre de personnes connues de près ou de loin par ses apôtres (voisins, amis, membres de famille) qui viennent le ‘voir’ : un auditoire qui s’ajoute au douze et qui, normalement a un lien de connaissance, même ténu, avec au moins un de ces hommes. Ce peut être une « foule » mais je ne sais comment est faite son estimation quantitative. Ce que j’en retiens, c’est que ces personnes doivent venir dans une certaine expectative du genre : qui peut bien être cet homme qu’a suivi le collecteur d’impôts ou le fils de Zébédée ou celui de nos amis Alphée et Thaddée ??? En ajoutant l’intérêt de voir de près ce faiseur de guérisons. Pas mal de curiosité un peu de commères de quartier au départ - me semble-t-il. En attente d’un scoop.
Et qu’entendent-ils tous ?
Une parole en deux temps : « Jésus prit la parole et dit : « Je te loue, Père ... » Et un, Jésus ne leur parle pas. Mais il les fait entrer dans sa prière à son Père. Du direct. Et pas une prière de demande ou de ceci ou cela mais simplement une louange de ce qu’Il EST : il se détache de tout objet, de toute intention, de toute fixation sur un but même charitable pour ses proches ou le monde etc.
Là nous voyons Jésus en « repos ». Quel pédagogue ! C’est seulement après avoir en donné l’exemple vécu, qu’il s’adresse maintenant aux gens présents et peut, à juste titre, leur dire : « mettez-vous à mon école ».
C’est pourquoi il peut affirmer et ce sera
Je commence par regarder tout ce que contient le mot
De prime abord je me pose une question: si donc Jésus affirme que le sien est d’utilisation aisée, cela sous-entend qu’en réalité il est lourd, d’usage difficile. Qu’en est-il? Je me suis livrée à des recherches sur sa nature et son évolution - que je vous transmets car chaque détail est significatif dans l’optique de ma démarche.
* Définition : Pièce de bois que l'on pose sur la tête des bœufs et avec laquelle ils sont attelés pour tirer un chariot ou une charrue.
* Caractéristiques : Mesure : environ 1m, 50 - Poids: autour de 30-40 kgs > effectivement une charge très lourde, à la limite de ce qu’un homme peut soulever, et pour un enfant, une femme...
[Puis : http://wikipedia.orange.fr/wiki/Joug
Pour mieux comprendre l’insistance que Jésus porte au fait que « son joug est facile à porter », observons toutes les manœuvres successives que nécessite le travail de dressage (conseils transmis par un agriculteur) cf. La pose et la tolérance du joug - l'entraînement à la marche et à la traction.
Nous ne pouvons qu’admirer toutes les qualités et compétences mises en œuvre durant cette étape difficile mais fondamentale: soin, application, délicatesse, conscience, patience, imagination, douceur, compréhension, proximité, persévérance, maîtrise, intelligence, bref tout l’art d’un pédagogue. Il doit à chaque minute veiller à ne provoquer ni rejet, ni passivité, ni violence mais une adhésion totale des deux bœufs envers lui et une collaboration entre eux, en vue d’un travail à accomplir.
Seconde étape de recherche : SA SIGNIFICATION
Poursuivons notre périple :
- Synonymes : asservissement, assujettissement, captivité, contrainte, domination, esclavage, influence, obéissance, oppression, pouvoir, servage, servitude, soumission, subordination, sujétion, tutelle, tyrannie.
- Expressions : Joug pesant, rude, insupportable, humiliant, militaire, tutélaire / Joug honteux / Le joug de la servitude / Joug de l'envahisseur, de la nécessité, du mariage / Joug d'un tyran / Joug des traditions, des préjugés / Être sous le joug de quelqu'un ou de quelque chose / Faire passer (les vaincus) sous le joug / Fléchir sous le joug de quelqu'un ou quelque chose / Imposer un joug / Secouer le joug / Se libérer du joug de quelqu'un / Subir le joug de quelque chose ou de quelqu'un / Tomber sous le joug de quelqu'un / Jésus-Christ dit que son joug est doux.
De ce fait, pour mieux approcher les différentes possibilités de significations, je suis allée voir son origine. Et o surprise ! Nous remontons très loin dans l’espace temporel et spatial :
- Etymologie :*Un dérivé de racine commune indo-aryenne < du sanskrit "juj" : lien, jonction.
Nous arrivons ainsi devant le mot YOGA, science de l’ « union » : Un nom masculin construit par adjonction à la racine YUJ- d'une voyelle thématique -a. Portée au degré guṇa, la racine YUJ- devient YOJ-. Le radical YOJ- devient donc YOG-. Ce radical se retrouve dans d'autres langues indo-européennes dont le latin (jugum6 ), le français (joug) ou l'anglais (yoke).
Sémantique : la racine sanskrite YUJ- signifie "atteler, unir". Le mot "yoga" a, en sanskrit, les sens suivants : ° action d'atteler ; ° méthode pour dresser les chevaux ; ° mode d'emploi, technique ; ° discipline spirituelle ° état d'union ou d'unité de l'être subjectif avec le Suprême.
* En grec ζεῦγμα » : « zeûgma » = lien , joug, union
* Dans la langue latine : Jungere dépend de la racine jug (jung, junc, jux, ju), lié à l’idée d’attelage, ← à laquelle se rattachent également les mots suivants :
JOUG ← jugum
CONJUGAL ← conjugalis
CONJUGUER ← conjugare, unir, marier. Le sens grammatical de CONJUGUER est tiré de : CONJUGAISON ← conjugatio, union, et en particulier réunion de toutes les formes d’un même verbe.
SUBJUGUER ← subjugare, mettre sous le joug, soumettre.
JUMENT ← jumentum, animal de trait (porteur du joug)
JOUTER ← juxtare, combattre de près (jug-sta)
AJOUTER ← adjuxtare, mettre auprès (Trésor des racines latines – J. Bouffartigue)
Bien sûr, j’ai consulté aussi mon vieux Gaffiot : étonnant ! Quelques mots de la famille :
Gemini jugales : attelage de deux chevaux - Virgile
Jugales anni quindecim : quinze années de mariage - Martial
//subst.m.f, époux, épouse - Ambroise
Jugalitas : alliance, union
Jugatinos : dieu du mariage - Augustin
Jugo : attacher ensemble, joindre, unir à // unir par l’hymen, marier - Virgile
Jugum : Joug symbolique sous lequel défilaient les vaincus - Cicéron - César
Jugus : qui unit // Juga Juno : Junon qui préside aux mariages
Devant tout cela, j’ai eu deux réactions :
- une bonne : l’image de l’attelage qui, par son mouvement, son équilibre, son partage de forces inégales ouvre un nouveau concept enrichissant celle du compagnonnage (← cum-panio = celui avec qui je partage le pain > terme familier : co-pain).
- une très bonne, extraordinaire : que le mot joug contienne la réalité de l’union exprimée dans le mariage a été une découverte tout à fait stupéfiante.
Ainsi l’attente par Israël d’une libération du joug romain par une intervention divine musclée ne se fera pas. De même le joug offert par Jésus à tous ses disciples jusqu’aux cercles les plus étendus sera non pas violent, non pas contraignant comme celui qui pèse sur les épaules des esclaves ou des Juifs soumis aux prescriptions de la Loi mais doux.
Le joug n’est donc pas le symbole d’un accompagnement hiérarchique, d’un pouvoir castrateur, d’une dominance esclavagiste mais celui d’un amour dans la plénitude de sa fécondité : l’Agapè.« Dieu est amour : celui qui demeure dans l'amour demeure en Dieu, et Dieu en lui » (1 Jn 4,16).
Arrivée au terme de ce voyage interne dans JOUG, je me tourne vers toi, Jésus, et je te livre mon questionnement : 2 points en attente.
En fin de compte, je ne suis pas arrivée à déterminer une réponse à ma question préalable qui est montée en moi dès ma première lecture de cet évangile cette semaine : à savoir ce que recouvre l’adjectif possessif « mon » joug. Pas clair.
> A mon sens, il y a 4 possibilités : ° le Seigneur a-t-il un joug en main dirais-je qu’il pose et sur lui et sur moi après acceptation et nous formons ainsi un attelage couplé ? ° Ou bien porte-t-il déjà ce joug sur son cou préalablement de manière unique - donc avec une place vide - dans l’attente de ma réponse ? Dans ces deux cas, où est le « guide » ? Qui est le maître ? Il n’y a pas de tierce personne présentée. Il ne peut être à la fois à l’extérieur et sous le joug double. Ou bien ??? ° Ou bien a-t-il un joug unique ? (les deux formes existent) : alors il reste en dehors, exerce sa fonction de « pasteur », et je suis seul(e) à porter le joug. ° Ou bien vais-je porter ce joug que j’ai accepté avec un autre, qui sera alors l’un de mes proches prochains, puis un autre et encore un autre ?
= Une première interrogation qui me reste en suspens.
En voici une seconde. Selon un vieux dicton : « une image vaut mille mots ».
Le style naturel qu’emploie souvent Jésus comme ici donne à notre œil ce que notre oreille ne peut faire : une image. Jésus séduit. Les foules comme la personne isolée.
Dans ce verset, ce travail de séduction, Seigneur Jésus, tu l’opères en formulant un projet qui ne peut qu’enchanter tes auditeurs : un discours électoral type. Pour les convaincre, tu développes un argumentaire. Très bien. Des arguments simples, courts, clairs, précis. Tout pour justifier ta présence parmi eux, tout pour entraîner leur adhésion. Tu sais déjà ce que nos médias actuels exploitent à fond : ne pas s’étaler dans l’analyse mais capter leur esprit et leur imaginaire par des figures stylistiques percutantes.
20/20 si je puis me permettre...
Pourtant, Seigneur, il y a un hic. Par delà les siècles tu nous envoies une image : « un joug ». Elle indique la voie à suivre. Mais tout ce que je peux dire, c’est que, vu de ma lorgnette, ce mot n’est plus habité. Comment pratiquer l’hospitalité du cœur envers un mot qui ne me parle pas, une image qui a séduit mais qui ne séduit plus ?
Seigneur, tu n’es pas venu sur terre pour nous vendre un produit à l’aide de scoops publicitaires ou de manipulations de notre émotion. Tu Te donnes. Tu ne cherches pas à nous imposer un comportement par des tentatives d’accroches variées. Au cœur de notre liberté tu nous y invites.
Et de la même manière que Tu as donné ta Vie, ton Corps à l’humanité et à son gré, de même tu as donné tes Paroles, en toute confiance, mais aussi comme une bouteille à la mer... Vont-elles arriver jusqu’aux confins ? Vont-elles continuer à toucher les cœurs ? Il y a tant de paramètres à respecter à première vue. Certes l’Esprit souffle où il veut mais n’empêche que, quand un support de transmission faiblit, le passage du témoin a du mal à se faire ou rate complètement, malgré les mises à jour régulières. C’est ce qui se passe, à mon avis, pour l’interprétation du mot « Joug ».
Bien sûr les attelages sont encore utilisés dans quelques pays africains et au Moyen-Orient. Mais en grande majorité, nous ne sommes plus de culture paysanne ou dans une civilisation agraire. Certes j’ai vu un joug dans la ferme de mes grands-parents mais il était déjà relégué au fond de l’étable. C’était un souvenir de l’arrière-grand père...
Aujourd’hui, plus grand monde ne sait ce que c’est. A part les gens qui l’utilisent pour décorer leur entrée. C’est la seule fois où ça fait bien... Sinon j’vous dis pas...Y a de quoi se sauver...
Voyez l’étendue de mon entreprise pour ‘ couvrir’ tout son spectre d’acceptions, avec, comme résultat certes, une découverte magnifique – une clef de compréhension. Ce sens symbolique particulier est certainement connu par nombre de spécialistes mais le bon peuple n’en sait rien. Et s’il l’entend par hasard ce dimanche, cela ne se gravera pas beaucoup. Ce sera comme une pièce rapportée mais pas un écho immédiat.
Alors pourquoi avoir gardé ce terme avec toute la charge négative de sa connotation dépréciative qui seule subsiste à son écoute ? Et pourtant il demeure dans les traductions y compris celle de la nouvelle TOB 2010 : les traducteurs ont-ils eu peur de procéder à la suppression d’un terme tellement connu avec des références universelles, mais un mot qui est aujourd’hui une coquille non pas seulement vide mais répulsive ?
Pourquoi ne pas accepter de voir que la vraie question dans le passage du témoin dans les relais réside moins dans la recherche de la vérité historique de l’origine, des auteurs, des langues, que dans la justesse de sa transmission et de sa réception dans les communautés chrétiennes au fil des siècles? Et en tenir compte. Et pourquoi ne pas choisir une traduction, à la fois plus riche et plus rayonnante parce que plus juste c'est-à-dire plus ajustée, dans le champ sémantique de « L’UNION » ?
Si une même racine a pu engendrer 2 mots, l’un : « yoga », l’autre : « joug » avec une destinée, une adaptation, une acceptation sociétale aux voies si divergentes, il ne s’agit par conséquent pas du refus d’un sens mais d’une forme qu’il me semble inutile de persister à garder mordicus, car elle s’est dissociée de son contenu.
→ Une proposition à garder sous le coude... Une affaire à suivre lorsque la nouvelle traduction de la TOB 2030 ou 50 débutera...Esprit Saint, conseille les personnes qui travailleront alors à ce chantier !
On traîne déjà dans la liturgie tant de casseroles de mots morts... Pour rester dans le contexte agricole, j’’ai parfois le sentiment de voir une parole évangélisatrice par râteau et non par souffle : on ramasse des feuilles devenues mortes et on les garde en circulation comme si elles étaient vertes. Faux. Que, pour parler de la Résurrection, le vocabulaire et le style ressuscitent ! Ainsi que la syntaxe ! Quand je vois des fautes de constructions à grimper au plafond... Que nos écrits humains traduisent l’éclair, le foudroiement, la traînée lumineuse des Paroles qui ont traversé Marie, foudroyé Paul, illuminé la Samaritaine... le feu dévorant qui brûlait Jérémie.
C’est avec ces deux interrogations et la joie d’en avoir reçu le sens que je quitte aujourd’hui le mot JOUG.
Je continue donc - avec courage, moi aussi - et espoir, pour interroger cette fois le mot
Que vais-je y découvrir ?
Ce mot m’était totalement inconnu il n’y a pas six mois. Jamais vu, jamais entendu...Et pourtant il a du se trouver sur mon passage x fois. Mais il est passé devant moi mais si loin ou a traversé mes oreilles et a continué sa route. Comme on dit aujourd’hui je ne l’ai pas imprimé. Et voilà qu’un jour il a été prononcé pile à deux mètres et j’ai ouvert des yeux qui devaient être ronds. Qu’est-ce que c’est ? Connais pas. Devant cette ignorance crasse, il m’a été fait remarquer que tout de même c’était une notion ancienne en spiritualité. Comment avais-je fait pour passer à côté de ce terme si célèbre, si important, qui devait recouvrir une densité spirituelle étonnante ? Il me fallait rattraper le temps perdu : mon Dieu, comment faire ? La première définition que j’entendis alors, en fait je ne l’ai - à nouveau - pas enregistrée. Rebelote. Décidément. Ce mot m’échappait, il s’échappait à mon approche. Les jours succédaient aux jours sans que rien ne se profile à l’horizon m’ouvrant un peu de son mystère.
Puis un matin de mars, je me suis exclamée : mais voilà ce qu’est « le Repos », n’est-ce pas ? Oui. C’était un exercice auquel j’ai participé durant une session spirituelle que je vous retransmets. D’une simplicité extraordinaire qui fait que tout le monde comprend en deux minutes.
Nous allons nous livrer à une expérience : je vous invite à aller déjà chercher une bouteille en plastique vide + de l’eau + un peu de terre ou de sable.
Mais auparavant, pour avoir un espace libre devant soi, je dégage un peu le terrain > je ne me réfèrerai pas aux diverses sortes de repos de Dieu le Père exprimées ailleurs dans la Bible comme achèvement d’une œuvre après la Création ou dans celui du Dimanche ou une autre circonstance. Raison : Jésus parle de lui-même → il doit y avoir un nouveau sens.
Je tiens à écarter aussi les autres définitions et interprétations habituelles de ce terme : elles me paraissent tellement statiques, doucoureuses, et relever d’un système de pensée binaire construit sur l’opposition traditionnellement attaché à notre mental occidental blanc ≠ noir - bien ≠ mal qu’elles m’enfoncent plutôt qu’elles ne me relèvent. Ainsi les explications du repos par non-activité, absence de travail ou période de cessation de travail. En résumé tous les signifiés gravitant dans un champ personnel et social d’antagonisme, d’incompatibilité, ouvrant sans le vouloir une voie conflictuelle qui débouche sur une rivalité d’états avec, à terme, naturellement la préférence accordée au repos au détriment du travail - d’où la déchéance progressive de la valeur travail liée à la fatigue au profit d’une course souvent effrénée vers un repos compensatoire. D’où un cycle obsessionnel qui motive les choix de leur emploi du temps de bon nombre de nos contemporains.
Cependant je retiens un seul élément linguistique qui nous sera fort utile dans peu de temps :
En attendant, venons-en à notre TP en direct - Marche à suivre :
1ère étape :
- Prendre une bouteille en plastique transparente vide avec un bouchon.
- Y verser un fond de sable, terre – sur 3-4 cms.
- Rajouter de l’eau jusqu’au bord.
- Fermer
- Attendez que les deux parties se distinguent bien : la boue au fond et l’eau au-dessus.
2ème étape : Regardons-la : n’est-ce pas nous, avec notre vase restée au fond qui laisse tout de même passer la lumière, la Lumière ? L’amour de Dieu pour moi tout entière avec ma vase. J’ai pu errer, rompre ponctuellement ma relation, mais Lui me voit comme je suis.
3ème étape : Mais que se passe-t-il ? Mon voisin m’a poussée du coude et voilà que ma bouteille penche...Et la boue commence à se mêler à l’eau, à l’obscurcir. Vais-je la remettre droite ? Quand ? Dans 1 semaine, 1 mois, 1 an...? 1 ou 10 siècles ou davantage pour certains peuples?
Parfois ma bouteille est secouée par mes peurs, mes inquiétudes devant mon futur, par les mille et un verrous de mon passé qui n’ont pas sauté, par des liens fermés avec tel autre et surtout par mon propre attachement à mon moi-même. Et alors que peut-il se produire ? Ma bouteille peut se retourner complètement. Essayez. Tout se mélange, tout devient noir, confus. Et quand je la remets droite, il me faut attendre longtemps pour que l’eau redevienne claire.
4ème étape : Voici que, dans cette situation inextricable, Jésus dit : « venez à moi – j’ajoute : ‘avec votre bouteille’ où tout est obscur, en méli-mélo – et je vous donnerai le repos ! » = Je n’enlève pas la boue, je vous aime comme vous êtes fait, complètement. Mais vous remettrez votre bouteille un peu plus droite chaque fois que vous serez un peu ou beaucoup secoué et de plus en plus rapidement : voilà mon repos que je vous promets. Laissez de moins en moins de temps entre les secousses. Ne restez pas planté dans vos ornières : ‘’ il ‘’ m’a fait ça en l’an de grâce... Devenez de plus en plus transparent.
Et pour apprendre à vous dégager de tous ces liens, je vais vous aider : mettez-vous à mon école... et je couperai les cordes qui vous lient.
Incroyable ! Devinez quel est le premier sens de « école » ! Je vous le donne en mille !
Ecole vient, après un détour par le latin, d'un mot grec skholê ou scholè (σχόλη) qui signifiait au départ... : « arrêt » ! Il désigne une pause, une trêve, une rupture de mouvement.
→ D’où l’idée de « repos », de « loisir ». Vous vous rendez compte ! Si je vois déjà des élèves qui se disent : chic alors !, j’entends aussi Jésus quand il dit : « mettez-vous à mon école ... et vous trouverez le repos de vos âmes ! » Littéralement il dit non : « faites comme moi, suivez mon exemple ! mais : « mettez vous à mon repos = suivez moi ! »
C’est à ne plus rien comprendre ! Pensez-vous certainement. Comment cela s’est-il fait ?
Poursuivons l’explication et voyons bien le motif des trois passages :
1. De arrêt à repos : cf. « repos » ayant affaire dans son origine avec « pause »
Ecole signifiait donc « loisir, tranquillité » et parfois même, « paresse » !
2. De arrêt à loisir : C’est ce second sens qui s'est imposé : scholè de l'homme d'action qui se retire en son domaine pour réfléchir, lire, étudier, écrire, méditer. C’est ainsi qu’on passe peu à peu au sens d’école que nous connaissons.
3. De loisir à école au sens moderne : L’occupation d’un homme de loisir était donc particulièrement une occupation studieuse, un entretien savant, une étude.
- Scholas légein signifie faire des cours, des conférences.
- Scholè devient ensuite le lieu d’étude, donc l’école.
Avançons dans ces mots traduits que Jésus dit en araméen en ce début du 1er siècle. Encore un pas – tout aussi étonnant. Mais là je reconnais que mon explication appartient vraiment au domaine de l’hypothèse – mais elle m’a paru tellement plausible et significative que je me risque à la livrer – en toute simplicité. Il se peut donc qu’elle ne soit pas du tout conforme au droit canon des experts mais elle restera utile pour
Voici ce qui peut être le ou un sens particulier (qui n’exclut pas son sens figuré) de l’expression « vous tous qui peinez sous le poids du fardeau » . A la scholè des Grecs correspond l' « otium » des Latins, (l’otium devenant l’oisir cf. l’oisiveté et par contraction phonétique « loisir ») exact opposé du « neg-otium », action utilitaire et marchande. La scholè sera l'activité noble du patricien, du lettré, du philosophe, de l'écrivain.
Vous remarquerez que l’étude, l’occupation intellectuelle, ne sont pas assimilées au négoce, c’est-à-dire aux affaires causant de la peine.
Ainsi, comme Bernard C. Galey (L'Étymo-jolie, éd. Tallandier) le rappelle : ‘’ les études n'ont d'abord été accessibles qu'aux privilégiés, c'est-à-dire à ceux pour qui le travail ne constituait pas une nécessité vitale.
Otium, repos ; loin des affaires, loin de la politique ; inactivité, oisiveté ; loisir studieux : paix, calme, tranquillité. C’est l’idéal de l’aristocratie romaine ; à l’otium s’oppose donc le negotium, occupation, travail, affaire ; affaire causant de la peine, du souci, de l’embarras ; activité politique ; tâche, travail. Il se dessine ici un dualisme entre travail et inaction.’’
L’intention de tout ce préalable est la suivante : le rappel des circonstances présentées au début - même si ces discours dans l’évangile de Matthieu sont déconnectés d’une réalité temporelle précise. Ce jour-là, je crois, Jésus ne s’adresse pas à une élite intellectuelle ou religieuse de Jérusalem, à des membres du sanhédrin par exemple ou à des intellectuels de tout bord mais à un public précis dans les villes d’origine de ses disciples, je dirais à la fois des habitants de villes de ‘campagne’ et de villes portuaires, ou de bourgs en bordure d’un lac. Mais tous comprennent parfaitement le vocabulaire rural utilisé par Jésus : ils appartiennent à leur monde du travail .Le joug ‘passe’ très bien et « la peine ». Car cette expression m’a attirée : « vous tous qui peinez sous le poids du fardeau » > Ne serait-ce pas une attention spéciale destinée à une majorité de ses auditeurs? Des négociants, littéralement par conséquent ‘des gens qui ne sont pas dans l’otium, - dans le loisir - ‘ qui ne mènent pas « une activité intellectuelle faite à loisir » mais « qui sont dans la peine ». Ils ne sont pas forcément des négociants au sens actuel de commerçants mais ils peinent en trimant toute la journée dans des métiers taxés aujourd’hui de ‘manuels’ avec toujours cette teinte de mépris latente : situation renversée.
C’est sûr que le sens symbolique nous attire davantage 20 siècles après – pourtant ne peut-on garder un peu de l’éclairage de ce sens propre primitif que je propose vraiment avec beaucoup de prudence ?
Dernière remarque à ce sujet :
Si les traducteurs de la Tob 2010 ont préféré comme traduction « école » à celle de « devenez mes disciples », l’ont-ils fait sciemment en voulant mettre en relief cette signification de base de « école » prolongée en métaphore filée ? J’en doute un peu. Enfin ce n’est pas grave. Le principal c’est de mettre ses pas dans ceux du Christ.
Arrivée à la fin de mon exploration, j’ai pensé à quelqu’un dont je n’ai connu l’existence que le jour où j’ai lu sur internet, plus d’un mois après, l’homélie prononcée pour ses obsèques. Si vous voulez prendre connaissance du témoignage d’un homme qui a accueilli le Repos jusqu’au bout :
> http://saint-sebastien-nancy.catholique.fr/spip.php?article190
> Un drôle d'anniversaire
Jésus, n’est-ce pas là ton identité profonde ? N’est-ce pas notre communion à Toi qui est exprimée par ces deux métaphores dépendant l’une de l’autre ?
Et cette union n’impose pas une soumission servile, une tête baissée mais invite à marcher avec toi la tête haute ; elle ne propose pas d’aspirer à un état liquéfié de doigts de pieds en éventail sur une plage bordée de cocotiers mais d’entrer dans un travail infini ouvert sur notre planète et déjà aspiré par le ciel.
Bref de ne pas rester tranquillement assis dans notre chambre haute en attendant, après un passage obligé dans un champ du repos, un paradis... reposant.
Médecin des âmes, tu prescris en quelque sorte à ceux qui viennent à toi ces deux principes actifs de croissance : le Joug et le Repos. Mais ce qui me bouleverse, c’est que tu ne les mets à disposition comme dans les commerces, des fruits dans une cagette que l’on prend ou pas, selon nos désirs et nos besoins ; c’est que tu ne les distribues pas non plus à tout vent : il n’y plus qu’à ramasser. Seule une démarche personnelle est préalablement requise : venir à toi.
Ensuite le don peut avoir lieu. Tu ne veux pas être pris, capté comme un objet à notre disposition : non une relation de prostitution mais une relation de chasteté – une démarche à l’intérieur de l’amour divin qui devient celle de l’amour humain. C’est ce que la Samaritaine a compris, elle qui était venue à un puits à midi. Idem Nicodème, le centurion, et Pierre et tous les disciples avec ceux d’aujourd’hui.
La seule exigence pour te recevoir ne relève pas de la satisfaction d’un point de morale ou de la loi des commandements mais elle invite à entrer dans une dynamique du salut à laquelle tu nous donnes accès, à tous sans exclusion : « Venez à moi, vous tous ... et moi je vous donnerai... » D’abord venir et : une coordination qui induit à la fois un rapport temporel et causal. La conséquence sera alors facile et légère.
Jésus, tu nous donnes aussi d’entrer dans la bienveillance de ton Père qui a été d’abord pour toi et le Joug et le Repos avant que tu ne deviennes et le Joug et le Repos pour chacun de nous. Toi-même tu vis dans cette relation avant de nous inviter à la vivre à notre tour avec toi.
• MERCI pour la joie d’avoir compris ce qu’est le Joug, QUI EST LE JOUG : TOI.
• MERCI de m’avoir donné de comprendre enfin le Repos, que TU ES LE REPOS.
• Le Joug et le Repos sont peut-être des termes à l’apparence un peu pâlotte, qui n’ont franchement pas beaucoup de potentiel d’impulsion. Tant pis ou tant mieux ! MERCI de m’avoir fait comprendre que, jusqu’à nos jours, ils sont les piliers d’une mentalité nouvelle : Jésus a vécu ce qu’il enseigne.
A moi à présent, main-tenant, au lieu de Le regarder plus ou moins de près, de faire de même dans ma bulle de vie :
Ca, Seigneur Jésus, loin d’être une hypothèse présomptueuse, c’est une autre paire de manches...
• MERCI pour tout ce chemin parcouru à l’intérieur du mot LOUANGE. J’ai avancé dans cette forme de prière qui porte toutes les autres ensemble vers Celui qui en est l’origine et la fin : « le seul Dieu, le Père, de qui tout vient et pour qui nous sommes faits » (1 CO 8,6)
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Aucune indication de lieu ni de temps précise si ce n’est la circonstance exprimée en tête du chapitre 11 : « Or, quand Jésus eut achevé de donner ses instructions à ses douze disciples, il partit de là enseigner et prêcher dans leurs villes. » S C E N E
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Après un enseignement en forme de cours particulier (« Ayant fait venir ses douze disciples ») et leur envoi en mission, cette parole-ci se donne en principe sur le lieu des anciens domiciles de ses disciples. Par conséquent à chaque fois devant nombre de personnes connues de près ou de loin par ses apôtres (voisins, amis, membres de famille) qui viennent le ‘voir’ : un auditoire qui s’ajoute au douze et qui, normalement a un lien de connaissance, même ténu, avec au moins un de ces hommes. Ce peut être une « foule » mais je ne sais comment est faite son estimation quantitative. Ce que j’en retiens, c’est que ces personnes doivent venir dans une certaine expectative du genre : qui peut bien être cet homme qu’a suivi le collecteur d’impôts ou le fils de Zébédée ou celui de nos amis Alphée et Thaddée ??? En ajoutant l’intérêt de voir de près ce faiseur de guérisons. Pas mal de curiosité un peu de commères de quartier au départ - me semble-t-il. En attente d’un scoop.
Et qu’entendent-ils tous ?
Une parole en deux temps : « Jésus prit la parole et dit : « Je te loue, Père ... » Et un, Jésus ne leur parle pas. Mais il les fait entrer dans sa prière à son Père. Du direct. Et pas une prière de demande ou de ceci ou cela mais simplement une louange de ce qu’Il EST : il se détache de tout objet, de toute intention, de toute fixation sur un but même charitable pour ses proches ou le monde etc.
Là nous voyons Jésus en « repos ». Quel pédagogue ! C’est seulement après avoir en donné l’exemple vécu, qu’il s’adresse maintenant aux gens présents et peut, à juste titre, leur dire : « mettez-vous à mon école ».
C’est pourquoi il peut affirmer et ce sera
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ma C I B L E de M E D I T A T I O N
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« ... moi je vous donnerai le repos. Prenez sur vous mon joug...
Et vous trouverez le repos de vos âmes. Oui, mon joug est facile à porter... »
Et vous trouverez le repos de vos âmes. Oui, mon joug est facile à porter... »
Je commence par regarder tout ce que contient le mot
J O U G
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Première étape de recherche : sa FICHE d’ IDENTITE
De prime abord je me pose une question: si donc Jésus affirme que le sien est d’utilisation aisée, cela sous-entend qu’en réalité il est lourd, d’usage difficile. Qu’en est-il? Je me suis livrée à des recherches sur sa nature et son évolution - que je vous transmets car chaque détail est significatif dans l’optique de ma démarche.
* Définition : Pièce de bois que l'on pose sur la tête des bœufs et avec laquelle ils sont attelés pour tirer un chariot ou une charrue.
* Caractéristiques : Mesure : environ 1m, 50 - Poids: autour de 30-40 kgs > effectivement une charge très lourde, à la limite de ce qu’un homme peut soulever, et pour un enfant, une femme...
[Puis : http://wikipedia.orange.fr/wiki/Joug
Pour mieux comprendre l’insistance que Jésus porte au fait que « son joug est facile à porter », observons toutes les manœuvres successives que nécessite le travail de dressage (conseils transmis par un agriculteur) cf. La pose et la tolérance du joug - l'entraînement à la marche et à la traction.
Nous ne pouvons qu’admirer toutes les qualités et compétences mises en œuvre durant cette étape difficile mais fondamentale: soin, application, délicatesse, conscience, patience, imagination, douceur, compréhension, proximité, persévérance, maîtrise, intelligence, bref tout l’art d’un pédagogue. Il doit à chaque minute veiller à ne provoquer ni rejet, ni passivité, ni violence mais une adhésion totale des deux bœufs envers lui et une collaboration entre eux, en vue d’un travail à accomplir.
Seconde étape de recherche : SA SIGNIFICATION
Poursuivons notre périple :
- Synonymes : asservissement, assujettissement, captivité, contrainte, domination, esclavage, influence, obéissance, oppression, pouvoir, servage, servitude, soumission, subordination, sujétion, tutelle, tyrannie.
- Expressions : Joug pesant, rude, insupportable, humiliant, militaire, tutélaire / Joug honteux / Le joug de la servitude / Joug de l'envahisseur, de la nécessité, du mariage / Joug d'un tyran / Joug des traditions, des préjugés / Être sous le joug de quelqu'un ou de quelque chose / Faire passer (les vaincus) sous le joug / Fléchir sous le joug de quelqu'un ou quelque chose / Imposer un joug / Secouer le joug / Se libérer du joug de quelqu'un / Subir le joug de quelque chose ou de quelqu'un / Tomber sous le joug de quelqu'un / Jésus-Christ dit que son joug est doux.
De ce fait, pour mieux approcher les différentes possibilités de significations, je suis allée voir son origine. Et o surprise ! Nous remontons très loin dans l’espace temporel et spatial :
- Etymologie :*Un dérivé de racine commune indo-aryenne < du sanskrit "juj" : lien, jonction.
Nous arrivons ainsi devant le mot YOGA, science de l’ « union » : Un nom masculin construit par adjonction à la racine YUJ- d'une voyelle thématique -a. Portée au degré guṇa, la racine YUJ- devient YOJ-. Le radical YOJ- devient donc YOG-. Ce radical se retrouve dans d'autres langues indo-européennes dont le latin (jugum6 ), le français (joug) ou l'anglais (yoke).
Sémantique : la racine sanskrite YUJ- signifie "atteler, unir". Le mot "yoga" a, en sanskrit, les sens suivants : ° action d'atteler ; ° méthode pour dresser les chevaux ; ° mode d'emploi, technique ; ° discipline spirituelle ° état d'union ou d'unité de l'être subjectif avec le Suprême.
* En grec ζεῦγμα » : « zeûgma » = lien , joug, union
* Dans la langue latine : Jungere dépend de la racine jug (jung, junc, jux, ju), lié à l’idée d’attelage, ← à laquelle se rattachent également les mots suivants :
JOUG ← jugum
CONJUGAL ← conjugalis
CONJUGUER ← conjugare, unir, marier. Le sens grammatical de CONJUGUER est tiré de : CONJUGAISON ← conjugatio, union, et en particulier réunion de toutes les formes d’un même verbe.
SUBJUGUER ← subjugare, mettre sous le joug, soumettre.
JUMENT ← jumentum, animal de trait (porteur du joug)
JOUTER ← juxtare, combattre de près (jug-sta)
AJOUTER ← adjuxtare, mettre auprès (Trésor des racines latines – J. Bouffartigue)
Bien sûr, j’ai consulté aussi mon vieux Gaffiot : étonnant ! Quelques mots de la famille :
Gemini jugales : attelage de deux chevaux - Virgile
Jugales anni quindecim : quinze années de mariage - Martial
//subst.m.f, époux, épouse - Ambroise
Jugalitas : alliance, union
Jugatinos : dieu du mariage - Augustin
Jugo : attacher ensemble, joindre, unir à // unir par l’hymen, marier - Virgile
Jugum : Joug symbolique sous lequel défilaient les vaincus - Cicéron - César
Jugus : qui unit // Juga Juno : Junon qui préside aux mariages
Devant tout cela, j’ai eu deux réactions :
- une bonne : l’image de l’attelage qui, par son mouvement, son équilibre, son partage de forces inégales ouvre un nouveau concept enrichissant celle du compagnonnage (← cum-panio = celui avec qui je partage le pain > terme familier : co-pain).
- une très bonne, extraordinaire : que le mot joug contienne la réalité de l’union exprimée dans le mariage a été une découverte tout à fait stupéfiante.
« du Lat. conjugare, réunir ensemble, de cum, et jugum, union, proprement joug. »
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Ainsi l’attente par Israël d’une libération du joug romain par une intervention divine musclée ne se fera pas. De même le joug offert par Jésus à tous ses disciples jusqu’aux cercles les plus étendus sera non pas violent, non pas contraignant comme celui qui pèse sur les épaules des esclaves ou des Juifs soumis aux prescriptions de la Loi mais doux.
Le joug n’est donc pas le symbole d’un accompagnement hiérarchique, d’un pouvoir castrateur, d’une dominance esclavagiste mais celui d’un amour dans la plénitude de sa fécondité : l’Agapè.« Dieu est amour : celui qui demeure dans l'amour demeure en Dieu, et Dieu en lui » (1 Jn 4,16).
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Arrivée au terme de ce voyage interne dans JOUG, je me tourne vers toi, Jésus, et je te livre mon questionnement : 2 points en attente.
En fin de compte, je ne suis pas arrivée à déterminer une réponse à ma question préalable qui est montée en moi dès ma première lecture de cet évangile cette semaine : à savoir ce que recouvre l’adjectif possessif « mon » joug. Pas clair.
> A mon sens, il y a 4 possibilités : ° le Seigneur a-t-il un joug en main dirais-je qu’il pose et sur lui et sur moi après acceptation et nous formons ainsi un attelage couplé ? ° Ou bien porte-t-il déjà ce joug sur son cou préalablement de manière unique - donc avec une place vide - dans l’attente de ma réponse ? Dans ces deux cas, où est le « guide » ? Qui est le maître ? Il n’y a pas de tierce personne présentée. Il ne peut être à la fois à l’extérieur et sous le joug double. Ou bien ??? ° Ou bien a-t-il un joug unique ? (les deux formes existent) : alors il reste en dehors, exerce sa fonction de « pasteur », et je suis seul(e) à porter le joug. ° Ou bien vais-je porter ce joug que j’ai accepté avec un autre, qui sera alors l’un de mes proches prochains, puis un autre et encore un autre ?
= Une première interrogation qui me reste en suspens.
En voici une seconde. Selon un vieux dicton : « une image vaut mille mots ».
Le style naturel qu’emploie souvent Jésus comme ici donne à notre œil ce que notre oreille ne peut faire : une image. Jésus séduit. Les foules comme la personne isolée.
Dans ce verset, ce travail de séduction, Seigneur Jésus, tu l’opères en formulant un projet qui ne peut qu’enchanter tes auditeurs : un discours électoral type. Pour les convaincre, tu développes un argumentaire. Très bien. Des arguments simples, courts, clairs, précis. Tout pour justifier ta présence parmi eux, tout pour entraîner leur adhésion. Tu sais déjà ce que nos médias actuels exploitent à fond : ne pas s’étaler dans l’analyse mais capter leur esprit et leur imaginaire par des figures stylistiques percutantes.
20/20 si je puis me permettre...
Pourtant, Seigneur, il y a un hic. Par delà les siècles tu nous envoies une image : « un joug ». Elle indique la voie à suivre. Mais tout ce que je peux dire, c’est que, vu de ma lorgnette, ce mot n’est plus habité. Comment pratiquer l’hospitalité du cœur envers un mot qui ne me parle pas, une image qui a séduit mais qui ne séduit plus ?
Seigneur, tu n’es pas venu sur terre pour nous vendre un produit à l’aide de scoops publicitaires ou de manipulations de notre émotion. Tu Te donnes. Tu ne cherches pas à nous imposer un comportement par des tentatives d’accroches variées. Au cœur de notre liberté tu nous y invites.
Et de la même manière que Tu as donné ta Vie, ton Corps à l’humanité et à son gré, de même tu as donné tes Paroles, en toute confiance, mais aussi comme une bouteille à la mer... Vont-elles arriver jusqu’aux confins ? Vont-elles continuer à toucher les cœurs ? Il y a tant de paramètres à respecter à première vue. Certes l’Esprit souffle où il veut mais n’empêche que, quand un support de transmission faiblit, le passage du témoin a du mal à se faire ou rate complètement, malgré les mises à jour régulières. C’est ce qui se passe, à mon avis, pour l’interprétation du mot « Joug ».
Bien sûr les attelages sont encore utilisés dans quelques pays africains et au Moyen-Orient. Mais en grande majorité, nous ne sommes plus de culture paysanne ou dans une civilisation agraire. Certes j’ai vu un joug dans la ferme de mes grands-parents mais il était déjà relégué au fond de l’étable. C’était un souvenir de l’arrière-grand père...
Aujourd’hui, plus grand monde ne sait ce que c’est. A part les gens qui l’utilisent pour décorer leur entrée. C’est la seule fois où ça fait bien... Sinon j’vous dis pas...Y a de quoi se sauver...
Voyez l’étendue de mon entreprise pour ‘ couvrir’ tout son spectre d’acceptions, avec, comme résultat certes, une découverte magnifique – une clef de compréhension. Ce sens symbolique particulier est certainement connu par nombre de spécialistes mais le bon peuple n’en sait rien. Et s’il l’entend par hasard ce dimanche, cela ne se gravera pas beaucoup. Ce sera comme une pièce rapportée mais pas un écho immédiat.
Alors pourquoi avoir gardé ce terme avec toute la charge négative de sa connotation dépréciative qui seule subsiste à son écoute ? Et pourtant il demeure dans les traductions y compris celle de la nouvelle TOB 2010 : les traducteurs ont-ils eu peur de procéder à la suppression d’un terme tellement connu avec des références universelles, mais un mot qui est aujourd’hui une coquille non pas seulement vide mais répulsive ?
Pourquoi ne pas accepter de voir que la vraie question dans le passage du témoin dans les relais réside moins dans la recherche de la vérité historique de l’origine, des auteurs, des langues, que dans la justesse de sa transmission et de sa réception dans les communautés chrétiennes au fil des siècles? Et en tenir compte. Et pourquoi ne pas choisir une traduction, à la fois plus riche et plus rayonnante parce que plus juste c'est-à-dire plus ajustée, dans le champ sémantique de « L’UNION » ?
Si une même racine a pu engendrer 2 mots, l’un : « yoga », l’autre : « joug » avec une destinée, une adaptation, une acceptation sociétale aux voies si divergentes, il ne s’agit par conséquent pas du refus d’un sens mais d’une forme qu’il me semble inutile de persister à garder mordicus, car elle s’est dissociée de son contenu.
→ Une proposition à garder sous le coude... Une affaire à suivre lorsque la nouvelle traduction de la TOB 2030 ou 50 débutera...Esprit Saint, conseille les personnes qui travailleront alors à ce chantier !
On traîne déjà dans la liturgie tant de casseroles de mots morts... Pour rester dans le contexte agricole, j’’ai parfois le sentiment de voir une parole évangélisatrice par râteau et non par souffle : on ramasse des feuilles devenues mortes et on les garde en circulation comme si elles étaient vertes. Faux. Que, pour parler de la Résurrection, le vocabulaire et le style ressuscitent ! Ainsi que la syntaxe ! Quand je vois des fautes de constructions à grimper au plafond... Que nos écrits humains traduisent l’éclair, le foudroiement, la traînée lumineuse des Paroles qui ont traversé Marie, foudroyé Paul, illuminé la Samaritaine... le feu dévorant qui brûlait Jérémie.
C’est avec ces deux interrogations et la joie d’en avoir reçu le sens que je quitte aujourd’hui le mot JOUG.
Je continue donc - avec courage, moi aussi - et espoir, pour interroger cette fois le mot
R E P O S
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Que vais-je y découvrir ?
Ce mot m’était totalement inconnu il n’y a pas six mois. Jamais vu, jamais entendu...Et pourtant il a du se trouver sur mon passage x fois. Mais il est passé devant moi mais si loin ou a traversé mes oreilles et a continué sa route. Comme on dit aujourd’hui je ne l’ai pas imprimé. Et voilà qu’un jour il a été prononcé pile à deux mètres et j’ai ouvert des yeux qui devaient être ronds. Qu’est-ce que c’est ? Connais pas. Devant cette ignorance crasse, il m’a été fait remarquer que tout de même c’était une notion ancienne en spiritualité. Comment avais-je fait pour passer à côté de ce terme si célèbre, si important, qui devait recouvrir une densité spirituelle étonnante ? Il me fallait rattraper le temps perdu : mon Dieu, comment faire ? La première définition que j’entendis alors, en fait je ne l’ai - à nouveau - pas enregistrée. Rebelote. Décidément. Ce mot m’échappait, il s’échappait à mon approche. Les jours succédaient aux jours sans que rien ne se profile à l’horizon m’ouvrant un peu de son mystère.
Puis un matin de mars, je me suis exclamée : mais voilà ce qu’est « le Repos », n’est-ce pas ? Oui. C’était un exercice auquel j’ai participé durant une session spirituelle que je vous retransmets. D’une simplicité extraordinaire qui fait que tout le monde comprend en deux minutes.
Nous allons nous livrer à une expérience : je vous invite à aller déjà chercher une bouteille en plastique vide + de l’eau + un peu de terre ou de sable.
Mais auparavant, pour avoir un espace libre devant soi, je dégage un peu le terrain > je ne me réfèrerai pas aux diverses sortes de repos de Dieu le Père exprimées ailleurs dans la Bible comme achèvement d’une œuvre après la Création ou dans celui du Dimanche ou une autre circonstance. Raison : Jésus parle de lui-même → il doit y avoir un nouveau sens.
Je tiens à écarter aussi les autres définitions et interprétations habituelles de ce terme : elles me paraissent tellement statiques, doucoureuses, et relever d’un système de pensée binaire construit sur l’opposition traditionnellement attaché à notre mental occidental blanc ≠ noir - bien ≠ mal qu’elles m’enfoncent plutôt qu’elles ne me relèvent. Ainsi les explications du repos par non-activité, absence de travail ou période de cessation de travail. En résumé tous les signifiés gravitant dans un champ personnel et social d’antagonisme, d’incompatibilité, ouvrant sans le vouloir une voie conflictuelle qui débouche sur une rivalité d’états avec, à terme, naturellement la préférence accordée au repos au détriment du travail - d’où la déchéance progressive de la valeur travail liée à la fatigue au profit d’une course souvent effrénée vers un repos compensatoire. D’où un cycle obsessionnel qui motive les choix de leur emploi du temps de bon nombre de nos contemporains.
Cependant je retiens un seul élément linguistique qui nous sera fort utile dans peu de temps :
originellement « repos » a affaire avec « pause ».
En attendant, venons-en à notre TP en direct - Marche à suivre :
1ère étape :
- Prendre une bouteille en plastique transparente vide avec un bouchon.
- Y verser un fond de sable, terre – sur 3-4 cms.
- Rajouter de l’eau jusqu’au bord.
- Fermer
- Attendez que les deux parties se distinguent bien : la boue au fond et l’eau au-dessus.
2ème étape : Regardons-la : n’est-ce pas nous, avec notre vase restée au fond qui laisse tout de même passer la lumière, la Lumière ? L’amour de Dieu pour moi tout entière avec ma vase. J’ai pu errer, rompre ponctuellement ma relation, mais Lui me voit comme je suis.
3ème étape : Mais que se passe-t-il ? Mon voisin m’a poussée du coude et voilà que ma bouteille penche...Et la boue commence à se mêler à l’eau, à l’obscurcir. Vais-je la remettre droite ? Quand ? Dans 1 semaine, 1 mois, 1 an...? 1 ou 10 siècles ou davantage pour certains peuples?
Parfois ma bouteille est secouée par mes peurs, mes inquiétudes devant mon futur, par les mille et un verrous de mon passé qui n’ont pas sauté, par des liens fermés avec tel autre et surtout par mon propre attachement à mon moi-même. Et alors que peut-il se produire ? Ma bouteille peut se retourner complètement. Essayez. Tout se mélange, tout devient noir, confus. Et quand je la remets droite, il me faut attendre longtemps pour que l’eau redevienne claire.
4ème étape : Voici que, dans cette situation inextricable, Jésus dit : « venez à moi – j’ajoute : ‘avec votre bouteille’ où tout est obscur, en méli-mélo – et je vous donnerai le repos ! » = Je n’enlève pas la boue, je vous aime comme vous êtes fait, complètement. Mais vous remettrez votre bouteille un peu plus droite chaque fois que vous serez un peu ou beaucoup secoué et de plus en plus rapidement : voilà mon repos que je vous promets. Laissez de moins en moins de temps entre les secousses. Ne restez pas planté dans vos ornières : ‘’ il ‘’ m’a fait ça en l’an de grâce... Devenez de plus en plus transparent.
Et pour apprendre à vous dégager de tous ces liens, je vais vous aider : mettez-vous à mon école... et je couperai les cordes qui vous lient.
A L’ E C O L E ? Vous avez bien dit : « à l’école » ?
Incroyable ! Devinez quel est le premier sens de « école » ! Je vous le donne en mille !
Ecole vient, après un détour par le latin, d'un mot grec skholê ou scholè (σχόλη) qui signifiait au départ... : « arrêt » ! Il désigne une pause, une trêve, une rupture de mouvement.
→ D’où l’idée de « repos », de « loisir ». Vous vous rendez compte ! Si je vois déjà des élèves qui se disent : chic alors !, j’entends aussi Jésus quand il dit : « mettez-vous à mon école ... et vous trouverez le repos de vos âmes ! » Littéralement il dit non : « faites comme moi, suivez mon exemple ! mais : « mettez vous à mon repos = suivez moi ! »
C’est à ne plus rien comprendre ! Pensez-vous certainement. Comment cela s’est-il fait ?
Poursuivons l’explication et voyons bien le motif des trois passages :
1. De arrêt à repos : cf. « repos » ayant affaire dans son origine avec « pause »
Ecole signifiait donc « loisir, tranquillité » et parfois même, « paresse » !
2. De arrêt à loisir : C’est ce second sens qui s'est imposé : scholè de l'homme d'action qui se retire en son domaine pour réfléchir, lire, étudier, écrire, méditer. C’est ainsi qu’on passe peu à peu au sens d’école que nous connaissons.
3. De loisir à école au sens moderne : L’occupation d’un homme de loisir était donc particulièrement une occupation studieuse, un entretien savant, une étude.
- Scholas légein signifie faire des cours, des conférences.
- Scholè devient ensuite le lieu d’étude, donc l’école.
Avançons dans ces mots traduits que Jésus dit en araméen en ce début du 1er siècle. Encore un pas – tout aussi étonnant. Mais là je reconnais que mon explication appartient vraiment au domaine de l’hypothèse – mais elle m’a paru tellement plausible et significative que je me risque à la livrer – en toute simplicité. Il se peut donc qu’elle ne soit pas du tout conforme au droit canon des experts mais elle restera utile pour
saisir toute l’amplitude du mot « PEINE ».
Voici ce qui peut être le ou un sens particulier (qui n’exclut pas son sens figuré) de l’expression « vous tous qui peinez sous le poids du fardeau » . A la scholè des Grecs correspond l' « otium » des Latins, (l’otium devenant l’oisir cf. l’oisiveté et par contraction phonétique « loisir ») exact opposé du « neg-otium », action utilitaire et marchande. La scholè sera l'activité noble du patricien, du lettré, du philosophe, de l'écrivain.
Vous remarquerez que l’étude, l’occupation intellectuelle, ne sont pas assimilées au négoce, c’est-à-dire aux affaires causant de la peine.
Ainsi, comme Bernard C. Galey (L'Étymo-jolie, éd. Tallandier) le rappelle : ‘’ les études n'ont d'abord été accessibles qu'aux privilégiés, c'est-à-dire à ceux pour qui le travail ne constituait pas une nécessité vitale.
Otium, repos ; loin des affaires, loin de la politique ; inactivité, oisiveté ; loisir studieux : paix, calme, tranquillité. C’est l’idéal de l’aristocratie romaine ; à l’otium s’oppose donc le negotium, occupation, travail, affaire ; affaire causant de la peine, du souci, de l’embarras ; activité politique ; tâche, travail. Il se dessine ici un dualisme entre travail et inaction.’’
L’intention de tout ce préalable est la suivante : le rappel des circonstances présentées au début - même si ces discours dans l’évangile de Matthieu sont déconnectés d’une réalité temporelle précise. Ce jour-là, je crois, Jésus ne s’adresse pas à une élite intellectuelle ou religieuse de Jérusalem, à des membres du sanhédrin par exemple ou à des intellectuels de tout bord mais à un public précis dans les villes d’origine de ses disciples, je dirais à la fois des habitants de villes de ‘campagne’ et de villes portuaires, ou de bourgs en bordure d’un lac. Mais tous comprennent parfaitement le vocabulaire rural utilisé par Jésus : ils appartiennent à leur monde du travail .Le joug ‘passe’ très bien et « la peine ». Car cette expression m’a attirée : « vous tous qui peinez sous le poids du fardeau » > Ne serait-ce pas une attention spéciale destinée à une majorité de ses auditeurs? Des négociants, littéralement par conséquent ‘des gens qui ne sont pas dans l’otium, - dans le loisir - ‘ qui ne mènent pas « une activité intellectuelle faite à loisir » mais « qui sont dans la peine ». Ils ne sont pas forcément des négociants au sens actuel de commerçants mais ils peinent en trimant toute la journée dans des métiers taxés aujourd’hui de ‘manuels’ avec toujours cette teinte de mépris latente : situation renversée.
C’est sûr que le sens symbolique nous attire davantage 20 siècles après – pourtant ne peut-on garder un peu de l’éclairage de ce sens propre primitif que je propose vraiment avec beaucoup de prudence ?
Dernière remarque à ce sujet :
Si les traducteurs de la Tob 2010 ont préféré comme traduction « école » à celle de « devenez mes disciples », l’ont-ils fait sciemment en voulant mettre en relief cette signification de base de « école » prolongée en métaphore filée ? J’en doute un peu. Enfin ce n’est pas grave. Le principal c’est de mettre ses pas dans ceux du Christ.
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Arrivée à la fin de mon exploration, j’ai pensé à quelqu’un dont je n’ai connu l’existence que le jour où j’ai lu sur internet, plus d’un mois après, l’homélie prononcée pour ses obsèques. Si vous voulez prendre connaissance du témoignage d’un homme qui a accueilli le Repos jusqu’au bout :
Homélie pour les obsèques de Patrick Wey,
le jeudi 17 février 2011,
à la cathédrale de Nancy. (Jn 5, 21-25)
le jeudi 17 février 2011,
à la cathédrale de Nancy. (Jn 5, 21-25)
> http://saint-sebastien-nancy.catholique.fr/spip.php?article190
> Un drôle d'anniversaire
C’est sur ses paroles que je quitte aujourd’hui Le Repos
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P R I E R E de S O R T I E
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JESUS = JOUG = REPOS → LOUANGE
Jésus, n’est-ce pas là ton identité profonde ? N’est-ce pas notre communion à Toi qui est exprimée par ces deux métaphores dépendant l’une de l’autre ?
Tu es mon repos parce que tu es mon joug et ainsi, à ton exemple, je peux louer le Père.
Et cette union n’impose pas une soumission servile, une tête baissée mais invite à marcher avec toi la tête haute ; elle ne propose pas d’aspirer à un état liquéfié de doigts de pieds en éventail sur une plage bordée de cocotiers mais d’entrer dans un travail infini ouvert sur notre planète et déjà aspiré par le ciel.
Bref de ne pas rester tranquillement assis dans notre chambre haute en attendant, après un passage obligé dans un champ du repos, un paradis... reposant.
Médecin des âmes, tu prescris en quelque sorte à ceux qui viennent à toi ces deux principes actifs de croissance : le Joug et le Repos. Mais ce qui me bouleverse, c’est que tu ne les mets à disposition comme dans les commerces, des fruits dans une cagette que l’on prend ou pas, selon nos désirs et nos besoins ; c’est que tu ne les distribues pas non plus à tout vent : il n’y plus qu’à ramasser. Seule une démarche personnelle est préalablement requise : venir à toi.
Ensuite le don peut avoir lieu. Tu ne veux pas être pris, capté comme un objet à notre disposition : non une relation de prostitution mais une relation de chasteté – une démarche à l’intérieur de l’amour divin qui devient celle de l’amour humain. C’est ce que la Samaritaine a compris, elle qui était venue à un puits à midi. Idem Nicodème, le centurion, et Pierre et tous les disciples avec ceux d’aujourd’hui.
La seule exigence pour te recevoir ne relève pas de la satisfaction d’un point de morale ou de la loi des commandements mais elle invite à entrer dans une dynamique du salut à laquelle tu nous donnes accès, à tous sans exclusion : « Venez à moi, vous tous ... et moi je vous donnerai... » D’abord venir et : une coordination qui induit à la fois un rapport temporel et causal. La conséquence sera alors facile et légère.
Jésus, tu nous donnes aussi d’entrer dans la bienveillance de ton Père qui a été d’abord pour toi et le Joug et le Repos avant que tu ne deviennes et le Joug et le Repos pour chacun de nous. Toi-même tu vis dans cette relation avant de nous inviter à la vivre à notre tour avec toi.
• MERCI pour la joie d’avoir compris ce qu’est le Joug, QUI EST LE JOUG : TOI.
• MERCI de m’avoir donné de comprendre enfin le Repos, que TU ES LE REPOS.
• Le Joug et le Repos sont peut-être des termes à l’apparence un peu pâlotte, qui n’ont franchement pas beaucoup de potentiel d’impulsion. Tant pis ou tant mieux ! MERCI de m’avoir fait comprendre que, jusqu’à nos jours, ils sont les piliers d’une mentalité nouvelle : Jésus a vécu ce qu’il enseigne.
A moi à présent, main-tenant, au lieu de Le regarder plus ou moins de près, de faire de même dans ma bulle de vie :
J’ai reçu le Joug et le Repos, à mon tour devenir un joug et un repos...
Serait-ce cela l’ultime de la charité : aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés... ?Ca, Seigneur Jésus, loin d’être une hypothèse présomptueuse, c’est une autre paire de manches...
• MERCI pour tout ce chemin parcouru à l’intérieur du mot LOUANGE. J’ai avancé dans cette forme de prière qui porte toutes les autres ensemble vers Celui qui en est l’origine et la fin : « le seul Dieu, le Père, de qui tout vient et pour qui nous sommes faits » (1 CO 8,6)
Que de choses j’ai apprises cette semaine à l’école, à Ton école...
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