16 Dieu, en effet, a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils, son unique, pour que tout homme qui croit en lui ne périsse pas mais ait la vie éternelle.
17 Car Dieu n'a pas envoyé son Fils dans le monde pour juger le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui.
18 Qui croit en lui n'est pas jugé ; qui ne croit pas est déjà jugé, parce qu'il n'a pas cru au nom du Fils unique de Dieu.
Frère Jean- Claude ANHEIM
Né le 31 janvier 1945 à Rouffach (Haut-Rhin)
Vœux perpétuels chez les Frères de la Doctrine Chrétienne de Matzenheim en 1970
Ordonné prêtre en 1971
Aumônier au Centre Mertian à Andlau
Adresse : 2 rue Saint André 67140 ANDLAU
Tél : 06 72 70 55 61
Mél : janheim@wanadoo.fr
Cet extrait d’évangile a été choisi pour le jour de la Fête de la Sainte Trinité. Il parle du Père et du Fils.
On peut se demander pourquoi n’a-t-on pas choisi un texte où il serait également question de l’Esprit-Saint comme pour l’année B (1) et l’année C (2).
C’est vrai que d’autres textes comme la deuxième lecture nous parlent du Père du Fils et de l’Esprit (3). On sait que pour les lectures des dimanches, choisies à la suite du concile Vatican II, c’est l’évangile qui a été choisi en premier. La première lecture habituellement tirée du Premier Testament reprend le thème ou un thème de l’évangile. Pour notre dimanche, la première lecture vient de l’Exode 34, 4-9. Elle reprend le thème de l’amour de Dieu pour les hommes par les termes « le Dieu tendre et miséricordieux ».
L’évangile du jour est un extrait de l’entretien de Jésus avec Nicodème (Jn 3, 1-21). Cet entretien aborde le thème de l’Esprit au début du texte, mais ce passage n’est pas repris dans l’évangile. L’extrait choisi pour ce dimanche reprend des thèmes et des termes favoris de l’Évangile de saint Jean : Le monde, le Fils, croire, la vie éternelle, donner, le jugement, sauver, Dieu.
Nous voyons que, dans la première épître, saint Jean écrit quasiment la même phrase (4) que dans l’évangile « Dieu a envoyé son fils unique dans le monde… » . Jésus, dans l’évangile de saint Jean, est très clair sur sa mission et son identité. Il est le Fils unique envoyé par Dieu le Père. On voit donc que la foi en Jésus, Fils de Dieu, n’est pas comme le disent certains, une croyance tardive relevant des définitions des premiers conciles (5) au 4ème siècle.
Bien au contraire nous voyons que le Christ est pleinement conscient de sa divinité. Toutes ses paroles sont remplies de la profonde union entre le Père et le Fils. Cette union est donnée en exemple à celle qui devrait exister entre tous les chrétiens et Jésus prie pour cette union (6).
La révélation que Dieu est Amour est le sommet de l’annonce de l’Évangile. Jean ne la donne pas comme une définition de plus, mais comme l'identité même de Dieu.
Dieu est Amour, il est aussi la source de tout amour.
Sans cet amour le monde et l’existence des hommes n’a plus de sens. Nous chrétiens devons être des témoins de cet amour. Reçu de Dieu et partagé entre nous.
D’ailleurs de cette manière de comprendre Dieu découle la foi en la Trinité. Dieu est Amour. L’amour ne peut se concevoir pour un être Unique. L’amour est don réciproque.
Dieu est donc l’union des trois personnes de la Trinité, le Père, le Fils et l’Esprit, entre lesquelles l’amour s’échange et se partage.
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Deux mots résonnent particulièrement en mon cœur à la lecture de ce texte très court et pourtant si plein : donné, nom (du Fils unique de Dieu).
17 Car Dieu n'a pas envoyé son Fils dans le monde pour juger le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui.
18 Qui croit en lui n'est pas jugé ; qui ne croit pas est déjà jugé, parce qu'il n'a pas cru au nom du Fils unique de Dieu.
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I N V I T E - S U R P R I S E
I N V I T E - S U R P R I S E
Frère Jean- Claude ANHEIM
Né le 31 janvier 1945 à Rouffach (Haut-Rhin)
Vœux perpétuels chez les Frères de la Doctrine Chrétienne de Matzenheim en 1970
Ordonné prêtre en 1971
Aumônier au Centre Mertian à Andlau
Adresse : 2 rue Saint André 67140 ANDLAU
Tél : 06 72 70 55 61
Mél : janheim@wanadoo.fr
Commentaire de Frère Jean - Claude
Cet extrait d’évangile a été choisi pour le jour de la Fête de la Sainte Trinité. Il parle du Père et du Fils.
On peut se demander pourquoi n’a-t-on pas choisi un texte où il serait également question de l’Esprit-Saint comme pour l’année B (1) et l’année C (2).
C’est vrai que d’autres textes comme la deuxième lecture nous parlent du Père du Fils et de l’Esprit (3). On sait que pour les lectures des dimanches, choisies à la suite du concile Vatican II, c’est l’évangile qui a été choisi en premier. La première lecture habituellement tirée du Premier Testament reprend le thème ou un thème de l’évangile. Pour notre dimanche, la première lecture vient de l’Exode 34, 4-9. Elle reprend le thème de l’amour de Dieu pour les hommes par les termes « le Dieu tendre et miséricordieux ».
L’évangile du jour est un extrait de l’entretien de Jésus avec Nicodème (Jn 3, 1-21). Cet entretien aborde le thème de l’Esprit au début du texte, mais ce passage n’est pas repris dans l’évangile. L’extrait choisi pour ce dimanche reprend des thèmes et des termes favoris de l’Évangile de saint Jean : Le monde, le Fils, croire, la vie éternelle, donner, le jugement, sauver, Dieu.
Nous voyons que, dans la première épître, saint Jean écrit quasiment la même phrase (4) que dans l’évangile « Dieu a envoyé son fils unique dans le monde… » . Jésus, dans l’évangile de saint Jean, est très clair sur sa mission et son identité. Il est le Fils unique envoyé par Dieu le Père. On voit donc que la foi en Jésus, Fils de Dieu, n’est pas comme le disent certains, une croyance tardive relevant des définitions des premiers conciles (5) au 4ème siècle.
Bien au contraire nous voyons que le Christ est pleinement conscient de sa divinité. Toutes ses paroles sont remplies de la profonde union entre le Père et le Fils. Cette union est donnée en exemple à celle qui devrait exister entre tous les chrétiens et Jésus prie pour cette union (6).
La révélation que Dieu est Amour est le sommet de l’annonce de l’Évangile. Jean ne la donne pas comme une définition de plus, mais comme l'identité même de Dieu.
Dieu est Amour, il est aussi la source de tout amour.
Sans cet amour le monde et l’existence des hommes n’a plus de sens. Nous chrétiens devons être des témoins de cet amour. Reçu de Dieu et partagé entre nous.
D’ailleurs de cette manière de comprendre Dieu découle la foi en la Trinité. Dieu est Amour. L’amour ne peut se concevoir pour un être Unique. L’amour est don réciproque.
Dieu est donc l’union des trois personnes de la Trinité, le Père, le Fils et l’Esprit, entre lesquelles l’amour s’échange et se partage.
Et nous sommes invités à entrer dans ce dynamisme
de l'amour de Dieu
(1) Mt 28, 16-20 : v19. Allez donc : de toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit.
(2) Jean 16, 12-15 : v13. Lorsque viendra l’Esprit de vérité, il vous fera accéder à la vérité tout entière. v15 Tout ce que possède mon Père est à moi.
(3) 2 Cor 13-13 : v13. La grâce du Seigneur Jésus Christ, l’amour de Dieu, et la communion du Saint Esprit soient avec vous tous.
(4) 1 Jean 4,8 : Qui n’aime pas n’a pas découvert Dieu, puisque Dieu est amour. v9 Voici comment s’est manifesté l’amour de Dieu au milieu de nous : Dieu a envoyé son Fils unique dans le monde, afin que nous vivions par lui.
(5) Concile de Nicée, 325, Concile de Constantinople 381.
(6) Jn 17,20-21 : « Je ne prie pas seulement pour eux, je prie aussi pour ceux qui, grâce à leur parole, croiront en moi :
que tous soient un comme toi, Père, tu es en moi et que je suis en toi, qu’ils soient en nous eux aussi, afin que le monde croie que tu m’as envoyé.
(2) Jean 16, 12-15 : v13. Lorsque viendra l’Esprit de vérité, il vous fera accéder à la vérité tout entière. v15 Tout ce que possède mon Père est à moi.
(3) 2 Cor 13-13 : v13. La grâce du Seigneur Jésus Christ, l’amour de Dieu, et la communion du Saint Esprit soient avec vous tous.
(4) 1 Jean 4,8 : Qui n’aime pas n’a pas découvert Dieu, puisque Dieu est amour. v9 Voici comment s’est manifesté l’amour de Dieu au milieu de nous : Dieu a envoyé son Fils unique dans le monde, afin que nous vivions par lui.
(5) Concile de Nicée, 325, Concile de Constantinople 381.
(6) Jn 17,20-21 : « Je ne prie pas seulement pour eux, je prie aussi pour ceux qui, grâce à leur parole, croiront en moi :
que tous soient un comme toi, Père, tu es en moi et que je suis en toi, qu’ils soient en nous eux aussi, afin que le monde croie que tu m’as envoyé.
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Commentaire de Philippe
Deux mots résonnent particulièrement en mon cœur à la lecture de ce texte très court et pourtant si plein : donné, nom (du Fils unique de Dieu).
Dieu a donné son Fils, son unique. Il l’a donné et non pas livré au monde pour que celui-ci le tue. C’est un don, un cadeau parfaitement gratuit. Jésus n’était pas une victime sacrificielle désignée d’avance. Le monde n’a pas accepté ce cadeau ; c’est pourquoi Jésus a été livré. Le monde n’a pas vu que le Fils donne accès au Père et qu’il nous permet par-là de comprendre son plan d’amour pour nous. Je me suis posé la question : donnerais-je au monde mon fils pour que le monde soit sauvé, en sachant que le monde ne le recevrait pas et que l’issue de ce don serait la mort de mon unique ? Honnêtement, non je ne le ferais pas. Je me dirais : ce monde n’en vaut pas la peine. Et pourtant, c’est bien ce que Dieu a fait.
Le plan d’amour de Dieu pour nous, c’est la vie éternelle. Me voici dans la dernière partie de ma vie. Mon horizon est celui du grand passage. Fort de cette promesse, et bien que, comme tout être humain, je redoute ce grand saut dans l’inconnu (au sens d’une connaissance scientifique), dans la foi je m’imagine déjà devant mon Dieu. Que pourrai-je lui donner dans ce face-à-face ? Comment pourrais-je me justifier si Jésus ne venait plaider ma cause devant son Père ? La Vie éternelle, c’est de connaître le Père, grâce à Jésus glorifié ; il est mon défenseur, parce que j’ai cru en son nom ? Parce que j’ai cru en Lui, parce que je le reconnais comme sauveur, je suis justifié, non pas jugé. Je suis déjà enveloppé dans le manteau de la miséricorde paternelle.
Car le don que Dieu nous fait en Jésus, c’est le nom de Jésus, et ce nom est Fils du Père.
En reconnaissant la paternité de Dieu en Jésus, je deviens à mon tour fils. Il me vient à l’idée qu’il faut prier pour ceux qui dans leur liberté n’ont pas cru au nom de Jésus. Car s’ils ne font pas ce pas de foi, ils sont déjà jugés. C’est une parole dont il faut prendre toute la portée. Il est déjà jugé, celui qui n’a pas cru au nom.
Quelle action de grâce pour ce Dieu qui nous a fait le don de la foi !
Malgré notre péché, parce que nous y avons cru, nous sommes déjà sauvés, et possédons déjà ce que nous espérons.
En reconnaissant la paternité de Dieu en Jésus, je deviens à mon tour fils. Il me vient à l’idée qu’il faut prier pour ceux qui dans leur liberté n’ont pas cru au nom de Jésus. Car s’ils ne font pas ce pas de foi, ils sont déjà jugés. C’est une parole dont il faut prendre toute la portée. Il est déjà jugé, celui qui n’a pas cru au nom.
Quelle action de grâce pour ce Dieu qui nous a fait le don de la foi !
Malgré notre péché, parce que nous y avons cru, nous sommes déjà sauvés, et possédons déjà ce que nous espérons.
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Commentaire de Geneviève
"Dieu a tant aimé le monde
qu'il a donné son Fils, son unique,
pour que tout homme qui croit en lui
ne périsse pas mais ait la vie éternelle."
Accorde-moi, Seigneur, de comprendre la latitude et la longitude du don de moi-même.
* CADRE : un entretien entre Jésus et un visiteur
* CIRCONSTANCES :
- LIEU : Jérusalem
- TEMPS : La Fête de la Pâque des Juifs - une nuit - la nuit
- DUREE : selon la longueur du récit rapporté par Jean, pas plus de 10’ (sans doute davantage en réalité)
* PARTICIPANTS (à titres différents) :
1. Jean
2. Dieu : la 1ère Personne divine : le Père
3. Dieu : la 2ème Personne divine : le Fils
4. Le monde
5. Qui croit en lui
6. Qui ne croit pas en lui
7. Nicodème
8. et Moi // aujourd’hui
♦ En une phrase exprimant une relation de cause à conséquence attirée vers un but nous avons le concentré de l’identité de Dieu, de son action, de la création de l’homme et de sa finalité, de la mission de son fils, une vie rendue possible par l’Esprit = le résumé de notre foi : TOUT est dit en 30 mots qui gravitent autour de 4 axes reliés de manière indissoluble:
♦ D’où viennent ces paroles ? D’un dialogue entre Jésus et un Juif qui porte un prénom. Ce n’est pas ‘le’ Juif comme ‘ la’ Samaritaine ou ‘le’ paralytique. Qui a précisément entendu ces paroles ? Qui donc est en train d’écouter Jésus ?
Un certain Nicodème. Et nous. Nous, nous arrivons un peu à l’improviste, nous n’écoutons bien sûr pas à la porte, l’oreille collée au chambranle pour saisir quelques mots. Mais, 20 siècles après, nous avons la chance d’en avoir la relation, certainement quasi intégrale et forcément par quelqu’un qui était présent : Jean. Le jeune Jean, à peine plus âgé que Pierre-Louis. Un garçon qui serait en 1ère aujourd’hui.
Et nous voyons Nicodème. Ce n’est pas n’importe qui : « Sachez que je suis un notable, pharisien, membre du Sanhédrin, docteur de la Loi. Je détiens les trois pouvoirs principaux de mon temps : religieux, administratif, intellectuel. Vous, vous diriez que je fais un vrai cumul de fonctions. En tout cas je suis respecté aussi bien par mes confrères que par les autorités occupantes romaines. En ce moment nous avons de plus en plus de soucis avec un problème : nous, nous attendons le Messie depuis des siècles et je prie Yahvé depuis mon enfance pour cela à la synagogue. Mais comme il apparaît de plus en plus de faux messies, je travaille aussi dans un bureau spécial chargé de les détecter. Alors, ce Jésus qu’on commence à voir un peu partout proclamer qu’il est le vrai, je vais bien voir ce qu’il en est...
Alors je suis venu, c’est vrai un peu comme un vieux tronc sec, de nuit et dans ma nuit. C’est vrai aussi que je lui ai posé des questions, ma foi, que je jugeais pertinentes, que j’ai commencé par le soumettre à un interrogatoire serré comme je le pratique habituellement : c’était un objet.
Et savez-vous ce que j’ai entendu, ce qu’il m’a dit – à moi ‘personnellement’ ? :
« Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils, son unique, pour que tout homme qui croit en lui ne périsse pas mais ait la vie éternelle. »
Vous rendez-vous compte ? Me dire ça, à moi ! Que ce Dieu que j’ai tant invoqué, il m’aime car il aime le monde dont je fais partie. Et il a donné son fils qui est devant moi pour moi, pour que je ne meure pas mais que je vive...
Lorsque ces mots sont entrés en moi, Seigneur, tu étais encore un inconnu. Mais lentement ils se sont frayés un chemin jusqu’à cette Heure où j’étais avec toi et ta mère et les autres et Jean. Ce n’est pas le fruit du hasard, en revenant du marché ou poussé par la curiosité que je suis venu ce Vendredi sur la colline. Durant ces trois années, je me suis mis à marcher à ta suite, comme je pouvais. Je savais quand ton Heure allait se dérouler et je l’ai vécue avec tes disciples et ta Mère.
Tu m’avais d’abord fait entrer dans ton intimité divine. Ensuite ces paroles ont retenti jusqu’aux extrémités du monde. Jusqu’à cette époque dans ce nouvel espace virtuel. Et je n’en suis pas peu fier.
Heureusement que j’étais là...que je suis venu, même de nuit... »
• à vous JEAN de ne pas avoir omis Nicodème:
Vous étiez entré dans le grand âge quand vous avez accepté d’écrire ce que vous aviez vécu avec Jésus.
Nicodème ? Vous êtes le seul à le mentionner à trois reprises. Il avait à peu près votre âge de maintenant : il ne pouvait certes pas vous accompagner partout à pied - il fallait une bonne forme physique – et il avait à remplir toutes les tâches de sa fonction. Mais vous vous êtes connus et fréquentés lors de vos passages à Jérusalem, une belle relation intergénérationnelle dirait-on de nos jours. Qui a pris l’autre sous son aile ? Plus qu’une simple amitié occasionnelle, vous étiez liés par un don identique que vous aviez fait à ce Jésus que vous aviez chacun appris à connaître et à aimer par des voies différentes, celui de votre personne toute entière.
C’est pour cette raison que, lorsqu’il s’est agi de fixer par écrit tout ce passé, vous avez dit et redit la place unique de Nicodème. Ainsi, vous avez mis en relief que toute la révélation de Vie prononcée par Jésus n’était pas un discours clos, lancé au hasard à la cantonade, d’une voix tonitruante pour que tout le « monde » comprenne bien. Bien au contraire, la révélation centrale de l’Amour de Dieu n’a été adressée qu’à une seule personne, à une Personne.
• à vous NICODEME
C’est vrai. Nous vous voyons encore de nos jours sur plus d’un bas-relief vous représentant à cet instant-là qui manifeste, cette fois publiquement, que vous avez cru en son Nom : quand et comment nous ne le saurons jamais, c’est un secret entre amis.
Nicodème, Jésus vous a aimé, avec votre histoire, avec votre personnalité tout entière et ses peurs et ses lâchetés, en particulier avec votre souci de respecter avant tout ce qui se rapporte à la racine ‘jus’ (ju, jur) qui porte l’idée de formule ayant force de loi. Il sait que vous avez passé votre vie professionnelle, religieuse, à être un judex (*jus-dex), = celui qui montre le droit.
Certes vous ne ferez jamais partie des Douze mais votre place n’est-elle pas essentielle dans le dessein de Dieu ? Vous ne faites pas de la figuration dans un cercle de proches. Vous êtes venu à la Lumière. Et jamais quelqu’un qui ne touche que la frange de son manteau ne reste définitivement figé. Votre témoignage rayonne par delà le temps : Jésus vous a parlé comme il ne l’a fait envers quiconque. Une rencontre personnelle, d’homme à homme. Il vous a confié un message universel, charge à vous de le transmettre... Pas rien tout de même. Et Jean a été le tiers indispensable.
Ne seriez-vous pas « un apôtre ‘continué’ » ? Le premier d’une longue file de témoins qui, sans tampons sur leur visa, vivent à la suite du Messie dans « le monde », non pas de façon mononucléaire [cellule à un seul noyau] mais comme des bulles d' Eglise toujours en lien avec ce monde - ordonné ou chaotique. Ne seriez-vous pas l'un des pionniers de toutes ces pratiques de mutation qui enrichissent notre communication actuelle ? Une orientation de plus en plus tournée vers une connexité tous azimuts, spatio-temporelle, transgénérationnelle, vers la création de nouveaux espaces de rencontres, numériques ou autres.
Effectivement, que se serait-il passé si vous n’aviez pas posé vos questions que pas mal de gloseurs continuent encore de railler ? Vous n’êtes pas ce couard, ce vieux birbe rouillé qui s’en serait retourné dans son chez lui d’avant - toujours en cachette - et serait resté un prisonnier aveugle.
L’appel de la Vie vous a emporté. Jusqu’à la Croix. Quelle jeunesse !
Seigneur, de temps à autre je suis un Nicodème du XXIème siècle.
Je viens alors te voir de nuit, avec mes questions qui peuvent paraître également décalées. Mais je te rencontre, c’est le principal. Je t’écoute et tu m’écoutes. Ou l’inverse. Comme lui je me mets en route, je pose un pas après l’autre, chaque jour un peu ou pas du tout parce que, décidément, la nuit est parfois pas bien claire.
Mais j’avance. Parce que je t’ai choisi.
C’est comme Nicodème : imaginait-il cette nuit-là que sa vie allait être complètement transformée ? Qu’il était venu vers la Lumière ? Que trois ans plus tard il serait présent le jour de la mort de celui qui était devenu entre temps son Maître et Ami, que ce serait lui qui te descendrait de la croix, te porterait avec d’autres jusqu’à ton tombeau ? Et qu’enfin ce serait lui le seul qui te parfumerait, oindrait tout ton corps de myrrhe et d’aloès avant de l’ensevelir ?
Le don de soi-même aux Trois personnes divines?
Ce que je retiens : un seul mot mot « COMPLETEMENT »
Père, tu aimes le monde complètement en donnant ton fils.
Jésus, tu aimes le monde complètement en donnant ta vie pour que chaque homme vive éternellement.
Esprit Saint, tu aimes le monde complètement en lui donnant ton Souffle.
De grands mots tout ça ! Pensez-vous peut-être et fort justement. Il s’agit ‘simplement’ de les vivre dans les divers champs de notre vie quotidienne, même banale au possible : aller jusqu’au bout d’un nettoyage... d’un travail professionnel... d’une parole... d’une aide... de la confection d’un repas... peut-être du 10 000ème repas... d’un entretien difficile... d’une avalanche de mails... d’une attention à la personne en face de moi... du respect de tel élément de la création... de l'amour envers celui dont je suis le prochain... de l' acceptation toute son altérité...
Evidemment ça ne va pas tout seul.
Esprit saint, donne-moi le don de force.
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qu'il a donné son Fils, son unique,
pour que tout homme qui croit en lui
ne périsse pas mais ait la vie éternelle."
◘ ☼ P R I E R E d’ E N T R E E
Accorde-moi, Seigneur, de comprendre la latitude et la longitude du don de moi-même.
◘ LA SCENE
* CIRCONSTANCES :
- LIEU : Jérusalem
- TEMPS : La Fête de la Pâque des Juifs - une nuit - la nuit
- DUREE : selon la longueur du récit rapporté par Jean, pas plus de 10’ (sans doute davantage en réalité)
* PARTICIPANTS (à titres différents) :
1. Jean
2. Dieu : la 1ère Personne divine : le Père
3. Dieu : la 2ème Personne divine : le Fils
4. Le monde
5. Qui croit en lui
6. Qui ne croit pas en lui
7. Nicodème
8. et Moi // aujourd’hui
◘ MA CIBLE de MEDITATION
♦ En une phrase exprimant une relation de cause à conséquence attirée vers un but nous avons le concentré de l’identité de Dieu, de son action, de la création de l’homme et de sa finalité, de la mission de son fils, une vie rendue possible par l’Esprit = le résumé de notre foi : TOUT est dit en 30 mots qui gravitent autour de 4 axes reliés de manière indissoluble:
Aimer → Donner / Croire en Jésus → Avoir la vie
♦ D’où viennent ces paroles ? D’un dialogue entre Jésus et un Juif qui porte un prénom. Ce n’est pas ‘le’ Juif comme ‘ la’ Samaritaine ou ‘le’ paralytique. Qui a précisément entendu ces paroles ? Qui donc est en train d’écouter Jésus ?
Un certain Nicodème. Et nous. Nous, nous arrivons un peu à l’improviste, nous n’écoutons bien sûr pas à la porte, l’oreille collée au chambranle pour saisir quelques mots. Mais, 20 siècles après, nous avons la chance d’en avoir la relation, certainement quasi intégrale et forcément par quelqu’un qui était présent : Jean. Le jeune Jean, à peine plus âgé que Pierre-Louis. Un garçon qui serait en 1ère aujourd’hui.
Et nous voyons Nicodème. Ce n’est pas n’importe qui : « Sachez que je suis un notable, pharisien, membre du Sanhédrin, docteur de la Loi. Je détiens les trois pouvoirs principaux de mon temps : religieux, administratif, intellectuel. Vous, vous diriez que je fais un vrai cumul de fonctions. En tout cas je suis respecté aussi bien par mes confrères que par les autorités occupantes romaines. En ce moment nous avons de plus en plus de soucis avec un problème : nous, nous attendons le Messie depuis des siècles et je prie Yahvé depuis mon enfance pour cela à la synagogue. Mais comme il apparaît de plus en plus de faux messies, je travaille aussi dans un bureau spécial chargé de les détecter. Alors, ce Jésus qu’on commence à voir un peu partout proclamer qu’il est le vrai, je vais bien voir ce qu’il en est...
Alors je suis venu, c’est vrai un peu comme un vieux tronc sec, de nuit et dans ma nuit. C’est vrai aussi que je lui ai posé des questions, ma foi, que je jugeais pertinentes, que j’ai commencé par le soumettre à un interrogatoire serré comme je le pratique habituellement : c’était un objet.
Et savez-vous ce que j’ai entendu, ce qu’il m’a dit – à moi ‘personnellement’ ? :
« Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils, son unique, pour que tout homme qui croit en lui ne périsse pas mais ait la vie éternelle. »
Vous rendez-vous compte ? Me dire ça, à moi ! Que ce Dieu que j’ai tant invoqué, il m’aime car il aime le monde dont je fais partie. Et il a donné son fils qui est devant moi pour moi, pour que je ne meure pas mais que je vive...
Lorsque ces mots sont entrés en moi, Seigneur, tu étais encore un inconnu. Mais lentement ils se sont frayés un chemin jusqu’à cette Heure où j’étais avec toi et ta mère et les autres et Jean. Ce n’est pas le fruit du hasard, en revenant du marché ou poussé par la curiosité que je suis venu ce Vendredi sur la colline. Durant ces trois années, je me suis mis à marcher à ta suite, comme je pouvais. Je savais quand ton Heure allait se dérouler et je l’ai vécue avec tes disciples et ta Mère.
Tu m’avais d’abord fait entrer dans ton intimité divine. Ensuite ces paroles ont retenti jusqu’aux extrémités du monde. Jusqu’à cette époque dans ce nouvel espace virtuel. Et je n’en suis pas peu fier.
Heureusement que j’étais là...que je suis venu, même de nuit... »
◘ M E R C I
• à vous JEAN de ne pas avoir omis Nicodème:
Vous étiez entré dans le grand âge quand vous avez accepté d’écrire ce que vous aviez vécu avec Jésus.
Nicodème ? Vous êtes le seul à le mentionner à trois reprises. Il avait à peu près votre âge de maintenant : il ne pouvait certes pas vous accompagner partout à pied - il fallait une bonne forme physique – et il avait à remplir toutes les tâches de sa fonction. Mais vous vous êtes connus et fréquentés lors de vos passages à Jérusalem, une belle relation intergénérationnelle dirait-on de nos jours. Qui a pris l’autre sous son aile ? Plus qu’une simple amitié occasionnelle, vous étiez liés par un don identique que vous aviez fait à ce Jésus que vous aviez chacun appris à connaître et à aimer par des voies différentes, celui de votre personne toute entière.
C’est pour cette raison que, lorsqu’il s’est agi de fixer par écrit tout ce passé, vous avez dit et redit la place unique de Nicodème. Ainsi, vous avez mis en relief que toute la révélation de Vie prononcée par Jésus n’était pas un discours clos, lancé au hasard à la cantonade, d’une voix tonitruante pour que tout le « monde » comprenne bien. Bien au contraire, la révélation centrale de l’Amour de Dieu n’a été adressée qu’à une seule personne, à une Personne.
NB. Même pas un apôtre de la liste officielle... mais LE représentant des Pharisiens. Inouï.
Et d’une voix douce.
Et d’une voix douce.
• à vous NICODEME
C’est vrai. Nous vous voyons encore de nos jours sur plus d’un bas-relief vous représentant à cet instant-là qui manifeste, cette fois publiquement, que vous avez cru en son Nom : quand et comment nous ne le saurons jamais, c’est un secret entre amis.
Nicodème, Jésus vous a aimé, avec votre histoire, avec votre personnalité tout entière et ses peurs et ses lâchetés, en particulier avec votre souci de respecter avant tout ce qui se rapporte à la racine ‘jus’ (ju, jur) qui porte l’idée de formule ayant force de loi. Il sait que vous avez passé votre vie professionnelle, religieuse, à être un judex (*jus-dex), = celui qui montre le droit.
Certes vous ne ferez jamais partie des Douze mais votre place n’est-elle pas essentielle dans le dessein de Dieu ? Vous ne faites pas de la figuration dans un cercle de proches. Vous êtes venu à la Lumière. Et jamais quelqu’un qui ne touche que la frange de son manteau ne reste définitivement figé. Votre témoignage rayonne par delà le temps : Jésus vous a parlé comme il ne l’a fait envers quiconque. Une rencontre personnelle, d’homme à homme. Il vous a confié un message universel, charge à vous de le transmettre... Pas rien tout de même. Et Jean a été le tiers indispensable.
Ne seriez-vous pas « un apôtre ‘continué’ » ? Le premier d’une longue file de témoins qui, sans tampons sur leur visa, vivent à la suite du Messie dans « le monde », non pas de façon mononucléaire [cellule à un seul noyau] mais comme des bulles d' Eglise toujours en lien avec ce monde - ordonné ou chaotique. Ne seriez-vous pas l'un des pionniers de toutes ces pratiques de mutation qui enrichissent notre communication actuelle ? Une orientation de plus en plus tournée vers une connexité tous azimuts, spatio-temporelle, transgénérationnelle, vers la création de nouveaux espaces de rencontres, numériques ou autres.
Effectivement, que se serait-il passé si vous n’aviez pas posé vos questions que pas mal de gloseurs continuent encore de railler ? Vous n’êtes pas ce couard, ce vieux birbe rouillé qui s’en serait retourné dans son chez lui d’avant - toujours en cachette - et serait resté un prisonnier aveugle.
Pour moi, mon cher Nicodème, vous resterez toujours celui qui, encore enseveli jusqu’au cou dans ses centaines de préceptes à accomplir pour être ‘bien’, après avoir eu la simplicité de demander au Christ un mode d’emploi du faire :
« comment cela peut-il se faire ? »,
sans se renier, a opéré une conversion complète sur ses skis et adopté un tout nouveau mode d’emploi de l’être : et laissant là vos filets vous l’avez suivi.
L’appel de la Vie vous a emporté. Jusqu’à la Croix. Quelle jeunesse !
Bref le Don. Complet.
Votre don à vous dont l’âme est toujours restée en haleine...
◘ ☼ PRIERE de SORTIE
Seigneur, de temps à autre je suis un Nicodème du XXIème siècle.
Je viens alors te voir de nuit, avec mes questions qui peuvent paraître également décalées. Mais je te rencontre, c’est le principal. Je t’écoute et tu m’écoutes. Ou l’inverse. Comme lui je me mets en route, je pose un pas après l’autre, chaque jour un peu ou pas du tout parce que, décidément, la nuit est parfois pas bien claire.
Mais j’avance. Parce que je t’ai choisi.
C’est comme Nicodème : imaginait-il cette nuit-là que sa vie allait être complètement transformée ? Qu’il était venu vers la Lumière ? Que trois ans plus tard il serait présent le jour de la mort de celui qui était devenu entre temps son Maître et Ami, que ce serait lui qui te descendrait de la croix, te porterait avec d’autres jusqu’à ton tombeau ? Et qu’enfin ce serait lui le seul qui te parfumerait, oindrait tout ton corps de myrrhe et d’aloès avant de l’ensevelir ?
Le don de soi-même aux Trois personnes divines?
Ce que je retiens : un seul mot mot « COMPLETEMENT »
Père, tu aimes le monde complètement en donnant ton fils.
Jésus, tu aimes le monde complètement en donnant ta vie pour que chaque homme vive éternellement.
Esprit Saint, tu aimes le monde complètement en lui donnant ton Souffle.
C’est pourquoi Nicodème a été séduit. Pour cause d' "héliotropisme"...
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De grands mots tout ça ! Pensez-vous peut-être et fort justement. Il s’agit ‘simplement’ de les vivre dans les divers champs de notre vie quotidienne, même banale au possible : aller jusqu’au bout d’un nettoyage... d’un travail professionnel... d’une parole... d’une aide... de la confection d’un repas... peut-être du 10 000ème repas... d’un entretien difficile... d’une avalanche de mails... d’une attention à la personne en face de moi... du respect de tel élément de la création... de l'amour envers celui dont je suis le prochain... de l' acceptation toute son altérité...
Evidemment ça ne va pas tout seul.
Esprit saint, donne-moi le don de force.
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NB. Bienvenue à Frère Jean-Claude : nous avons oeuvré ensemble bien des années au collège Saint Joseph de Matzenheim lorsqu'il en était l'aumônier et le Directeur.
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