La Parole de Dieu est vivante, transformante, efficace. Convaincus pour cette raison qu'elle ne peut être mise sous le boisseau, nous proposerons à nos lecteurs, deux fois par mois, les commentaires d'un texte du Nouveau Testament donc de l’Évangile du 1er et du 3ème Dimanche par plusieurs contributeurs réguliers, auxquels s'adjoindra de temps en temps celui d'un invité surprise. Il ne s'agit pas de nous substituer au magistère (et nous ne le limitons pas à celui de l'Église catholique), mais de témoigner de la manière dont la Parole retentit dans la vie quotidienne de disciples, et comment elle la transforme.
C'est assez dire que nous pourrons, si nous le désirons, nous efforcer de relier le texte aux événements du jour, en accord avec la tonalité liturgique du moment.
Recevoir ensemble la Parole de Jésus, tisser un lien entre elle et notre existence : un chemin de vie, une marche ouverte à tous, quelle que soit la marque de notre polo ou celle de nos chaussures.
Sonates à plusieurs instruments, nos billets n'ont pour ambition modeste que de stimuler votre propre réflexion et votre prière concrètement et pour aujourd'hui, en toute liberté.
En effet, notre objectif est pédagogique : nous vous invitons à exprimer très simplement votre propre méditation, à oser donner votre propre parole, selon votre inspiration et votre style. C'est tout. Nous demandons à nos lecteurs de s'abstenir de commentaires louangeurs ou qualitatifs.
Pour le moment, nous sommes donc trois : Geneviève, Philippe et Pierre-Louis, dans l’ordre, pourrait-on dire, d’accueil de cette intuition. Nous désirons agir en pleine lumière et ne pas nous dissimuler derrière des pseudonymes. Nous signerons donc de notre nom notre contribution personnelle. Merci de bien vouloir suivre cette exigence.
Car notre nom est gravé dans la paume de Dieu.
Bien plus, vous trouverez, tout de suite après cette brève explication, la courte notice biographique des membres de l’équipe qui, déjà dans la Joie de Pentecôte, vous proposent de vous lancer dans cette aventure commune.
Espérant que vous serez participants fidèles de ces billets, nous vous disons avec force, comme le faisaient les premiers chrétiens :
« Christ est ressuscité ! Il est vraiment ressuscité. »
Geneviève CRIDLIG
Philippe POINDRON
Pierre-Louis HUOT
Philippe POINDRON
Pierre-Louis HUOT
NB. Chaque contributeur régulier aura déposé son texte avant le dimanche prévu de J-14 à J-2.
Les lecteurs peuvent déposer le leur quand ils veulent.
Référence : TOB 2010
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Notices biographiques des contributeurs réguliers
Geneviève CRIDLIG
2, rue des Fremis 88560 Saint Maurice sur Moselle
63 ans
Professeur de Lettres en retraite
Célibataire
Laïque consacrée
03 29 25 19 84 / 06 62 09 87 33
genevieve.cridlig@wanadoo.fr
Philippe POINDRON.
11 rue Galliéni 92100 Boulogne-Billancourt.
Professeur honoraire des Universités.
Père de famille.
philippepoindron@hotmail.fr
Pierre-Louis HUOT
15 ans
Scout et servant d'autel
15 ans
Scout et servant d'autel
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Évangile du Dimanche 5 juin 2011.
Jean 17, 1-11a.
Jean 17, 1-11a.
17 1 Après avoir ainsi parlé, Jésus leva les yeux au ciel et dit : "Père, l'heure est venue, glorifie ton Fils, afin que ton Fils te glorifie2 et que, selon le pouvoir sur toute chair que tu lui as donné, il donne la vie éternelle à tous ceux que tu lui as donnés.3 Or, la vie éternelle, c'est qu'ils te connaissent, toi, le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ.4 Je t'ai glorifié sur la terre, j'ai achevé l'oeuvre que tu m'as donnée à faire.5 Et maintenant, Père, glorifie-moi auprès de toi de cette gloire que j'avais auprès de toi avant que le monde fût.6 J'ai manifesté ton nom aux hommes que tu as tirés du monde pour mes les donner. Ils étaient à toi, tu me les as donnés et ils ont observé ta parole.7 Ils savent maintenant que tout ce que tu m'as donné vient de toi,8 que les paroles que je leur ai données sont celles que tu m'as données. Ils les ont reçues, ils ont vraiment connu que je suis sorti de toi, ils ont cru que tu m'as envoyé.9 Je prie pour eux ; je ne prie pas pour le monde, mais pour ceux que tu m'as donnés : ils sont à toi,10 et tout ce qui est à moi est à toi, comme tout ce qui à toi est à moi, et j'ai été glorifié en eux.11a Désormais je ne suis plus dans le monde ; eux restent dans le monde, tandis que moi je vais à toi."
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INVITEE - SURPRISE
Notice biographique
Commentaire de Nicole
Nicole KEHREN
8 rue du Castel 67190 Mutzig
60 ans
Célibataire
nkehren51@gmail.com
8 rue du Castel 67190 Mutzig
60 ans
Célibataire
Educatrice spécialisée au Centre d'Hébergement et de Réinsertion sociale de l'Armée du Salut à Mulhouse
03 88 95 26 20nkehren51@gmail.com
Depuis début 2006, parce que je travaille à 100kms de mon domicile et que j'ai pris en compte en non-stop un neveu qui n'est pris en charge par aucune structure pour adultes handicapés, j'essaie de rejoindre autant que possible, jour après jour, une assemblée de chrétiens pour prier et célébrer et ne pas rester à l'écart. Auparavant j'ai été engagée en communauté de paroisses, dans le diocèse et au-delà, plus particulièrement au service des jeunes.
Commentaire de Nicole
"La vie éternelle, c'est qu'ils te connaissent, toi, le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ."
Pour inaugurer un blog dont l'intitulé est "Parole pour le monde", je ne pouvais espérer Parole plus appropriée. Cette parole représente pour moi le coeur du Coeur du Message de Jésus et cela suscite en moi un véritable chant d'action de grâces.
J'ai commencé à mémoriser ce texte en 1975 parce qu'il me paraissait essentiel. La décision de le mémoriser, je l'ai prise au retour d'une de ces visites d'Eglise à Eglise telles que les proposait le Concile des Jeunes à Taizé.
Je venais de rencontrer des jeunes Hongrois de l'Eglise du Silence bien plus prompts que moi à répondre de leur foi au risque de devoir aller jusqu'en prison.
Parce que tout ce Testament de Jésus je l'ai appris "par coeur" et par le coeur, je continue de le réciter souvent en union avec tous ceux qui se retrouvent en prison et donc réduits au silence à cause de leur foi.
Ce texte a ainsi peu à peu pris chair en moi et m'a aidée à oser témoigner, moi qui étais souvent totalement muette sur ma foi en tant qu'étudiante en psychologie dans le contexte d'après mai 68.
Peu à peu j'ai témoigné de ma foi jusqu'à devenir, pendant plus de 20 ans, professeur de religion catholique en collège public.
Cette parole me dit que Dieu se révèle bien au-delà de toute frontière, de toute confession, de tout obstacle, à qui veut bien ouvrir son coeur à l'Essentiel. Cette Parole m'invite aussi à rester à l'écoute de toute personne quelle qu'elle soit et quel que soit son itinéraire.
Car, Père, la vie éternelle, c'est vraiment qu'ils te connaissent, toi, le seul vrai Dieu et Celui que tu as envoyé, Jésus-Christ.
Pour inaugurer un blog dont l'intitulé est "Parole pour le monde", je ne pouvais espérer Parole plus appropriée. Cette parole représente pour moi le coeur du Coeur du Message de Jésus et cela suscite en moi un véritable chant d'action de grâces.
J'ai commencé à mémoriser ce texte en 1975 parce qu'il me paraissait essentiel. La décision de le mémoriser, je l'ai prise au retour d'une de ces visites d'Eglise à Eglise telles que les proposait le Concile des Jeunes à Taizé.
Je venais de rencontrer des jeunes Hongrois de l'Eglise du Silence bien plus prompts que moi à répondre de leur foi au risque de devoir aller jusqu'en prison.
Parce que tout ce Testament de Jésus je l'ai appris "par coeur" et par le coeur, je continue de le réciter souvent en union avec tous ceux qui se retrouvent en prison et donc réduits au silence à cause de leur foi.
Ce texte a ainsi peu à peu pris chair en moi et m'a aidée à oser témoigner, moi qui étais souvent totalement muette sur ma foi en tant qu'étudiante en psychologie dans le contexte d'après mai 68.
Peu à peu j'ai témoigné de ma foi jusqu'à devenir, pendant plus de 20 ans, professeur de religion catholique en collège public.
Cette parole me dit que Dieu se révèle bien au-delà de toute frontière, de toute confession, de tout obstacle, à qui veut bien ouvrir son coeur à l'Essentiel. Cette Parole m'invite aussi à rester à l'écoute de toute personne quelle qu'elle soit et quel que soit son itinéraire.
Car, Père, la vie éternelle, c'est vraiment qu'ils te connaissent, toi, le seul vrai Dieu et Celui que tu as envoyé, Jésus-Christ.
Commentaire de Philippe
Les versets de ce chapitre sont les premiers de ce que nombre de Bibles appellent "La prière sacerdotale". Nous sommes au soir du Jeudi Saint. Jésus vient de laver les pieds de ses disciples. Dehors il fait nuit et Judas s'est enfoncé dans les ténèbres pour parachever son oeuvre de trahison. Jésus a fait ses adieux aux disciples ; il a affirmé qu'il était le vrai cep, affirmé que le monde hait ceux qui sont à lui ; il a annoncé la venue du Paraclet ; il a évoqué son prompt retour. Et voilà maintenant ses dernières paroles, les ultima verba d'un homme qui sait sa mort prochaine et l'assume en toute liberté. Ce sont là des circonstances qui nous poussent à examiner avec la plus grande attention et le plus grand amour les paroles de Jésus.
Cette prière sacerdotale, elle s'inscrit comme en rupture avec tout ce que Jésus vient de dire à ses disciples. C'est pourquoi l'Evangile indique "Après avoir ainsi parlé". Jésus lève les yeux au ciel et s'adresse à son père, comme il l'avait fait avant d'intimer à Lazare l'ordre de sortir de son tombeau. Nous rentrons là dans le mystère absolu de la relation entre Jésus et son Père. Dans ce passage, il n'est question que de Gloire et de glorification, et de monde.
Gloire du Père et glorification du Père par le Fils. Jésus est catégorique. La glorification du Père, c'est qu'en tant que Fils et envoyé du Père, il est le dispensateur de vie éternelle. Et la vie éternelle c'est la connaissance du Père comme seul vrai Dieu par tous ceux qui ont reçu la parole du Fils. Jésus ne garde rien pour lui. Souvent revient le mot donner, et ce mot s'inscrit toujours dans le contexte d'un échange constant entre le Père et le Fils, entre le Fils et le Père. La Gloire rendue au Père par le Fils, c'est le sang du Fils qui avant de mourir rend des comptes à celui qui l'a engendré avant tous les siècles : "j'ai achevé l'oeuvre que tu m'as donné à faire".
Gloire du Fils et glorification du Fils par le Père. Curieuse gloire que celle de la Croix, s'il n'y avait eu la résurrection, le relèvement d'entre les morts, le coeur brûlant des disciples d' Emmaüs, la confession de Thomas l'incrédule : "Mon Seigneur et mon Dieu". Dans son corps de Gloire, le ressuscité, le Bien Aimé retrouve la Gloire qu'il avait avant que le monde fût. N'a-t-il pas dit : "Avant qu'Abraham fût, JE SUIS" ?
Disciples et amis de Jésus, nous participons à la Gloire et à la glorification du Fils : "J'ai été glorifié en eux". Glorifier Jésus, nous le pouvons encore et tous les jours en confessant qu'il n'est pas d'autres noms que le sien qui puisse sauver l'homme de son péché, et l'assurer de cette vie éternelle, glorification du père par excellence.
Et puis il y a ce monde dont Jésus se retire en retournant au Père. Nous, nous y sommes plongés mais n'y appartenons pas.
Paroles mystérieuses : connaître le Fils pour connaître le Père. Car nul ne va au Père que par Lui. C'est la prière que je fais à l'Esprit Saint. Qu'il me donne la force de mieux approfondir ce mystère d'amour, en me laissant un pied sur terre pour faire connaître au monde le nom de Jésus, et un autre dans le ciel pour "posséder déjà ce que j'espère".
Commentaire de Pierre-Louis
Dans ce passage de l' Evangile, Jean nous mène au coeur de la Trinité. Dieu a donné des hommes à Jésus pour qu'il les enseigne, afin que ces hommes - les apôtres - glorifient Dieu en sa Trinité.
Mais je trouve néanmoins que c'est surprenant que Jésus ne prie pas "pour le monde", mais pour ceux que son Père lui a envoyés. J'aurais pensé que Jésus prie pour que "le monde" se convertisse. Donc il y avait déjà cette époque une séparation entre ceux qui croient en Jésus et les autres. Or Jésus dit que c'est le Père "qui les a tirés du monde pour les Lui donner".
Il y a donc une parfaite entente entre le Père et Jésus pour que ceux qui croient en eux aient la Vie Éternelle.
Commentaire de Geneviève
Figurez-vous que ce dimanche du 5 juin est la 44è journée mondiale de la communication avec pour thème: " Vérité, annonce et authenticité à l'ère numérique"...
Bienvenue à vous qui nous rejoignez dans cette aventure nouvelle! Quel Evangile de départ pour un blog consacré à la méditation qui s'ouvre avec Jean et quand?Aujourd'hui ce 22 mai Journée mondiale de la Paix!
Bienvenue à vous qui nous rejoignez dans cette aventure nouvelle! Quel Evangile de départ pour un blog consacré à la méditation qui s'ouvre avec Jean et quand?Aujourd'hui ce 22 mai Journée mondiale de la Paix!
En préambule, un NB : il vous sera facile de constater que le monde de l'enseignement, s'il m'a quittée, est resté fiché en moi avec ses réflexes indécrottables. D'abord, ma capacité rédactionnelle à couper, tailler, contracter, écimer, écrêter, éhouper, étêter, élaguer, devra certainement continuer à progresser. Pire encore: je ne résiste pas à démarrer d'une façon contraire à toute bonne accroche: par un peu d'étymologie. Courage! Cette explication ne fera que contribuer à éclairer ce que Jean nous transmet ici de la démarche de Jésus.
Mes découvertes durant ce temps d'approche d'un des derniers moments de Jésus sur notre planète, d'une relation si souvent entendue? J'en retiens une plus grande compréhension de deux de ses intentions:
le but de sa vie sur terre et le but de la vie éternelle.
* Après avoir ainsi parlé
Ainsi? Que vient de dire Jésus il y a trois secondes ? "Je vous ai dit cela pour qu'en moi vous ayez la paix." 16,33La Paix? Le sens primitif de pax a probablement été "objet fixé", d'où "traité fixé". Le mot se rattache en effet à une racine pac/pag (pag), liée à l'idée d'enfoncer, ficher, planter, fixer = pas du sentimentalisme bonbon mais autant d'actes qui traversent sa prière et que vous reconnaîtrez au passage.
* il donne la vie éternelle
J'ai cependant mis du temps à saisir que ce mot couvre aussi tout mon aujourd'hui, mon ici et maintenant. Je vis dans la vie éternelle en ce 22 mai: c'est mon réel. " Je vous ai écrit tout cela, pour que vous sachiez que vous avez la vie éternelle, vous qui avez foi au nom du fils de Dieu." (Jean 5-13).
Croire en toi Jésus pour vivre dans la maison dont tu es la Porte, et plus encore, chacun étant la Maison de l'autre. Ce n'était ni mon petit perfectionnement progressif ni mes différents visas sur mon passeport qui en seraient la clef d'entrée. Ouf!
Mais je ne savais toujours pas ce qu'on pouvait bien y faire dans cette éternité. Certes, en lisant des biographies de saints, je voyais bien leur souci du bien commun et leurs projets d'aides multiservices pour les terriens. Mais, à mon goût, ça faisait un peu trop réservoir de grâces qui pouvaient se déverser ou pas, un rôle de distributeur automatique de réponses pour résoudre des problèmes - et selon quel gré, quel choix?
Jusqu'à cette semaine.
Enfin je découvre ce qu'on y fera dans cette demeure :
Te connaître o mon Dieu.
C'est tout.
Te connaître o mon Dieu.
C'est tout.
Connaître? Encore dans notre temps, Jésus, tu te tournes vers le passé et tu rends grâce à ton Père que tu connais depuis toujours, pour le don qu'il t'a fait : lequel? Nous! Et grâce à ce lien nous menons la même vie que toi, nous entrons, non seulement dans ton éternité qui est une vie, une vraie vie, mais aussi au coeur de ton lien de filiation divine : davantage encore, tu dévoiles notre 'programme' d'éternité pourrais-je dire. Cette intention est d'une telle clarté et d'une telle simplicité que je ne l'avais pas perçue jusqu'à ce que je me mette à lire vraiment ce texte ces jours-ci : connaître Dieu, les Trois Personnes divines!
Connaître c'est-à-dire avancer toujours davantage dans ton coeur profond.
Car, vous le savez bien, connaître quelqu'un, on n'en arrive jamais au bout : l'expérience quotidienne me le prouve, aussi bien dans les rencontres fortuites dans un train qu'avec les personnes proches, les membres de ma famille, de mon milieu de vie et d'activités diverses.
L'infini se lit dans les yeux de l'autre.
L'infini se lit dans les yeux de l'autre.
Irais-je encore plus loin? Joseph prit chez lui son épouse mais il ne la connut pas...Mt.1
"Connaître" ne désignerait-il pas l'union spirituelle la plus intime? - et sa joie ?
Une affaire de logique par conséquent: il faut bien une éternité pour apprendre à connaître, notre Père et Jésus qui n'a de cesse de nous mettre en chemin vers les autres. La vie éternelle n'est-elle pas alors simplement une vie une dans sa plénitude, un chemin sur lequel nous marchons depuis toujours jusqu'à toujours - ou plus justement la marche elle-même - jusqu'à tout voir dans la Lumière ? Mais pouvez-vous me rétorquer: où est donc citée dans ce passage la 3ème personne, l'Esprit saint ? Regardons ce qui se passe entre le Père et Jésus:
* j'ai achevé l'oeuvre que tu m'as donné à faire.
Or ce qui me frappe le plus dans tout ce passage, c'est l'emploi du passé composé pour exprimer ce qui normalement est encore à vérifier dans les faits: "je t'ai glorifié...J'ai achevé...J'ai manifesté ton nom...J'ai été glorifié en eux." Curieuse réception d'un "travail" qui, si ses fondations sont posées, n'est pas encore fait. La Passion est encore devant, elle est à vivre, dans quelques heures. Or pour Jésus, sa parole a valeur d'acte: il s'est engagé à traverser son Heure, elle est donc faite.
Quel poids donné à la parole qui engage! (cf. la paix) Nous en avons un signe dans les paroles qui manifestent un don avec une visée dans le futur, comme le oui dans le mariage, l'ordination, la consécration ou à chaque Eucharistie, Effusion de l'Esprit mais aussi dans le oui de suppléance lors du baptême des enfants par exemple. Jésus dit et il prouve sa parole par ce qu'il accomplit. Car les paroles filent comme le vent et disparaissent à l'horizon si elles ne sont pas suivies d'actions correspondantes. Plus encore, sa Parole passe par dessus le temps. L'Esprit est donc là, présent dans l'action donnée par le Père à son Fils. C'est lui qui est présence de relation et présence d'action entre eux. C'est lui qui est dans l'accomplissement, non dans un trois-quarts mais dans le 100%, dans le "jusqu'au bout", dans le "j'ai achevé".Car si Jésus s'était contenté de prêcher dans tous les coins, de raconter des paraboles, bref uniquement d' enseigner, de parler, le zéro pointé aurait été le seul résultat et son passage sur la terre serait tombé rapidement dans les oubliettes. Affaire classée sans suites.
Mais il a accompli une oeuvre. Oeuvre? Ce mot vient de 'opera' : c'est un travail grâce auquel il a glorifié son Père.
* Je t'ai glorifié sur la terre... Et maintenant, Père, glorifie-moi auprès de toi de cette gloire...Ils savent maintenant... + v13 Maintenant je vais à toi...
Et pourtant je continue à voir ces deux sens liés dans la posture et le mouvement de Jésus : ne le voyez-vous pas aussi debout, sur le départ, non pour une course en individuel, en 'autonome', mais en tenant la main de son Père qui, lui aussi, est main-tenant ? Ne retrouvez-vous pas ce beau mot qui a réapparu : le compagnonnage? A cette Heure, comme dans l'éternité, se vit un compagnonnage mutuel : Père et Fils dans le lien de l'Esprit, entre eux dirais-je, et leur compagnonnage avec nous.
Gloire? Selon l'interprétation habituelle, d'après de nombreux passages, la gloire de Dieu est la manifestation éclatante de sa grandeur, de sa puissance et de sa sainteté. On y voit des connotations très positives, d'une lumière vive d'un soleil qui éclaire, d'une richesse extrême qui déborde en rayonnement visible, d'un hommage rendu publiquement à quelqu'un qui en est la source. Cependant, pour moi, Jésus est un 'ouvrier' (< oeuvre) dont la gloire est de Se donner entièrement dans son travail.
Sa gloire? Ne serait-ce pas tout simplement lui-même, sa propre personne, totalement homme et totalement Dieu qu'il a donnée à son Père dans un dialogue confiant éternel ? Littéralement la gloire - en hébreu 'demeure' désigne la présence de Dieu parmi son peuple. Ainsi Jésus a été sa demeure sur terre grâce à son humanité et par elle. Ensuite quand il dira "j'ai été glorifié en eux", c'est le même don mais une expansion de ce don qui atteint toute l'humanité dont il fait partie. Extraordinaire. Il a accepté que son Père le donne dans sa vie d'homme, non pour manifester une oeuvre glorieuse liée à une toute Puissance mais pour nous sauver. Et cet acte ne s'est pas passé qu'une fois.
C'est un don continué.
Jésus sauve toute la journée de ce 22 mai - et demain et encore demain...
* je vais à toi
je vais? L'action se réalisera plus tard [Robert, Littré, TLFi : avec les temps du futur > s'applique à un fait ou à un état futur dont on a, au moment où l'on parle, la certitude.]
Le futur est exprimé au présent. Le sème du déplacement est sensible avec celui de la proximité: proximité géographique (aller quelque part) joint la proximité temporelle. Jésus 'saute' par-dessus l'épreuve.
Le futur est exprimé au présent. Le sème du déplacement est sensible avec celui de la proximité: proximité géographique (aller quelque part) joint la proximité temporelle. Jésus 'saute' par-dessus l'épreuve.
Tous les temps sont chamboulés.
à toi? Franchement je vous dirai que cette minuscule préposition, je ne l'ai jamais autant regardée et elle ne m'a jamais autant causé de 'souci'. Pourquoi donc? A priori cette construction ne serait jamais 'passée' chez mes élèves... Avez-vous déjà entendu dire: je vais à mon ami? Que non! On dit: je vais à Brest + on va chez le boulanger ; j'aurais donc accepté d'entendre: "maintenant je vais vers ou chez ou auprès de toi."
La grammaire indique que le choix se fait en fonction de ce que désigne le nom complément de lieu qu'elle introduit : la préposition est -à- avec les noms de lieux (au masculin) lorsque le complément est un nom inanimé désignant un local, un endroit - Aller chez le coiffeur est le seul correct, aller à ou au étant réservé aux choses : on ne va pas au boulanger mais à la boulangerie.
En outre, le dictionnaire des difficultés de la langue française précise qu'on n'emploie plus aujourd'hui que "aller à " devant des noms de ville: je vais à Paris.
Par conséquent - normalement - on ne peut dire : je vais à toi ou à lui ou à elle ou à Claude.
Désolée.
Voilà ce qui dans le langage courant est appelé du doux nom de barbarisme = toute faute contre la langue. Plus précisément un solécisme: une faute contre les règles de syntaxe qui porte ici sur la construction de la phrase. "Nous v'là bien ou ce n'est pas très important ou ce n'est pas le lieu ou les théologiens-experts de service savaient ce qu'ils faisaient ou vous êtes par trop purpuriste" pensez-vous peut-être.
Mais sur ce point je vous livre d'abord mon interrogation. Je me demande pourquoi les traducteurs de la Tob 2010 qui, en principe, sont au top de la grammaire, ont choisi malgré tout ce " à "- plutôt que auprès ou vers ou une autre expression? Il y a sûrement eu un discernement je dirais d'ordre linguistique. Ou bien sont-ils carrément passés à côté? Je perçois bien l'intérêt de l'usage de cette petite lettre - une accentuation de l'intention de ce déplacement avec une pointe vers le désir du don - Vous le sentez tout de suite, n'est-ce pas ? Quelle différence de signification entre - je vais à Nancy - et - je vais vers toi - ! Un mouvement qui inclut déjà une possession en amour.
Désolée.
Voilà ce qui dans le langage courant est appelé du doux nom de barbarisme = toute faute contre la langue. Plus précisément un solécisme: une faute contre les règles de syntaxe qui porte ici sur la construction de la phrase. "Nous v'là bien ou ce n'est pas très important ou ce n'est pas le lieu ou les théologiens-experts de service savaient ce qu'ils faisaient ou vous êtes par trop purpuriste" pensez-vous peut-être.
Mais sur ce point je vous livre d'abord mon interrogation. Je me demande pourquoi les traducteurs de la Tob 2010 qui, en principe, sont au top de la grammaire, ont choisi malgré tout ce " à "- plutôt que auprès ou vers ou une autre expression? Il y a sûrement eu un discernement je dirais d'ordre linguistique. Ou bien sont-ils carrément passés à côté? Je perçois bien l'intérêt de l'usage de cette petite lettre - une accentuation de l'intention de ce déplacement avec une pointe vers le désir du don - Vous le sentez tout de suite, n'est-ce pas ? Quelle différence de signification entre - je vais à Nancy - et - je vais vers toi - ! Un mouvement qui inclut déjà une possession en amour.
Mais cela me gêne cependant. Car nous sommes devant une forme fautive ou au moins critiquable - en plus il ne s'agit même pas d'une nouveauté révolutionnaire puisqu'elle se trouve déjà dans la Bible de Segond (1910). Il faudrait certainement revenir à la langue de départ : le grec - pour bien saisir la finesse voulue par l'auteur Jean et bien l'interpréter. Mais je ne l'ai malheureusement pas apprise. Et je ne suis pas non plus au fait de la sensibilité hébraïque sous-jacente.
Que faire? Je ne voulais pas en rester à une observation totalement négative. Une piste s'est alors ouverte pour me permettre, à mon modeste niveau, sans aucune qualification en exégèse, de comprendre le pourquoi du maintien de ce "à" .Elle m'est venue en me souvenant des différentes manières - en latin - cette fois - de marquer la direction dans laquelle on va. Je me risque à vous la présenter : ne vous inquiétez pas, en dépit des apparences c'est accessible à tout le monde:
Que faire? Je ne voulais pas en rester à une observation totalement négative. Une piste s'est alors ouverte pour me permettre, à mon modeste niveau, sans aucune qualification en exégèse, de comprendre le pourquoi du maintien de ce "à" .Elle m'est venue en me souvenant des différentes manières - en latin - cette fois - de marquer la direction dans laquelle on va. Je me risque à vous la présenter : ne vous inquiétez pas, en dépit des apparences c'est accessible à tout le monde:
On emploie ad + accusatif (auprès de qqn,en direction de vers) :
navigat ad Romam : il navigue vers Rome / Eo ad magistrum meum : je vais auprès de mon maître.
Regardez et écoutez bien cette tournure :
navigat ad Romam : il navigue vers Rome / Eo ad magistrum meum : je vais auprès de mon maître.
Regardez et écoutez bien cette tournure :
Ad te levavi oculos meos : j'ai levé les yeux vers toi / clamavi ad te domine : j'ai crié vers toi, Seigneur
Hypothèse que j'énonce sans prendre position sur sa véracité : l'existence et la survivance de l'expression "je vais à toi" principalement employée dans le monde ecclésial ne proviendraient-elles pas comme d'un effet de copie, de contagion, de contamination d'ordre visuel et auditif d'une construction correcte en langue latine pratiquée très longtemps, non seulement par tous les clercs jusqu'à aujourd'hui mais aussi par une bonne partie de la société française ?
Ainsi, phonétiquement et visuellement, l'expression "à toi" rappelle "ad te". L'origine de l'utilisation spontanée de "à toi" après aller serait à chercher du côté de la ressemblance à l'oreille jointe à la nostalgie du latin - un effet de mimétisme qui exclut un raisonnement reposant sur sa validité grammaticale. Un autre argument serait celui de constater que l'usage le plus courant est uniquement celui du complément "toi". Je n'ai jamais vu d'autres natures : noms ou pronoms.
Voilà peut-être l'explication de ce "je vais à toi". En tout cas, ce qui pourrait apparaître de prime abord comme une digression barbante, traitant uniquement d'un petit écart syntaxique d'importance minime, situe bien le lecteur ou l'auditeur en face d'un mystère de relation qui personnellement me touche beaucoup.
Voilà peut-être l'explication de ce "je vais à toi". En tout cas, ce qui pourrait apparaître de prime abord comme une digression barbante, traitant uniquement d'un petit écart syntaxique d'importance minime, situe bien le lecteur ou l'auditeur en face d'un mystère de relation qui personnellement me touche beaucoup.
De toute manière, et quoi qu'il en soit de la justesse de ma suggestion, même si je m'égare complètement, nous sommes arrivés à une étape essentielle.
Ecriture et Acte, Paroles et Gestes, Signe et Corps : nous voici dans l'identité du sacrement. Voici notre corps humain entrer tout entier dans la vie éternelle. Alors les paroles percutent, elles renversent plus d'un Saül de son cheval -symbolique-, elles mettent ou remettent un être humain en marche sinon pfft...On reste par terre.
Ecriture et Acte, Paroles et Gestes, Signe et Corps : nous voici dans l'identité du sacrement. Voici notre corps humain entrer tout entier dans la vie éternelle. Alors les paroles percutent, elles renversent plus d'un Saül de son cheval -symbolique-, elles mettent ou remettent un être humain en marche sinon pfft...On reste par terre.
Alors la connaissance devient un levier de croissance - parce qu'elle se lie à l'amour, à la charité.
C'est pourquoi je suis persuadée que " ce ne sera pas autrement au ciel " c'est-à-dire dans la vie éternelle après la mort. Je serai tournée non stop vers Toi, mon Dieu, mais aussi vers ceux qui, sur la terre, cheminent sur leur chemin d'éternité, mais aussi vers ceux qui seront, non pas morts, mais en pleine vie éternelle. Une présence réciproque. Et comme j'aurai forcément un temps à vivre avant de voir pleinement Ta Lumière, je ne le passerai pas à me morfondre dans une salle d'attente aux murs délavés, mais je poursuivrai mon travail de connaissance commencé sur terre - un peu comme si j'avais des mains recroquevillées semblables à celles de ces personnes handicapées aux membres repliés; des mains qui, peu à peu, à ton contact, se déplieront - un doigt après l'autre - pour s'ouvrir complètement et ainsi t'accueillir dans une maison qui, alors, nous sera commune.
Jésus, c'est quelqu'un qui nous aime jusqu'au bout.
Jn 15,5 " Je ne vous appelle plus serviteurs car le serviteur reste dans l'ignorance de ce que fait son maître; je vous appelle amis, parce que tout ce que j'ai entendu auprès de mon Père, je vous l'ai fait connaître."
Jésus, c'est quelqu'un qui nous aime jusqu'au bout.
Jn 15,5 " Je ne vous appelle plus serviteurs car le serviteur reste dans l'ignorance de ce que fait son maître; je vous appelle amis, parce que tout ce que j'ai entendu auprès de mon Père, je vous l'ai fait connaître."
Quelle joie! De tous les épisodes retracés dans les évangiles, il ne me semble pas t'avoir vu aussi heureux. Pourtant c'est juste avant la Passion...
Merci de nous partager ton coeur si brûlant de l'amour de ton Père. Merci de me l'avoir donné comme mon Père, de l'avoir donné à chacun de nous, non seulement un beau jour il y a 2000 ans mais aujourd'hui, ici et maintenant.
Merci aux Trois Personnes divines pour ce cadeau d'entrée dans ce blog, inattendu comme ce blog, qui lui-même est un cadeau inattendu lui aussi.
Loué sois-Tu! Car dans notre relation personnelle et commune à l'Esprit saint dont tu as rendu l'existence possible, particulièrement en ce jour nous pouvons nous dire réciproquement:
Merci aux Trois Personnes divines pour ce cadeau d'entrée dans ce blog, inattendu comme ce blog, qui lui-même est un cadeau inattendu lui aussi.
Loué sois-Tu! Car dans notre relation personnelle et commune à l'Esprit saint dont tu as rendu l'existence possible, particulièrement en ce jour nous pouvons nous dire réciproquement:
" Paix à vous main-tenant, là vous êtes planté ! "
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Il semble qu'il y ait quelques difficultés à enregistrer des commentaires. En voici un, reçu par courrier électronique chez Philippe, de la part d'André :
Je trouve ce texte du 5 juin difficile mais il nous explique l'essence de la création et le pourquoi de nos vies:
connaître et aimer Dieu, voilà toute notre raison d'être !!!
Essayer autre chose c'est sortir et créer du non amour !!!
Voilà ce qu'est glorifier Dieu et sa création.
Le Père et le Fils ne sont qu'un et ce UN est : La VIE
et nous sommes appelés à cette union sacrée en passant par la "porte "étroite" sur les pas de Jésus.
Je comprends la difficile phrase "je ne prie pas pour le monde" que le monde est appelé à rester uni à Dieu car Dieu est "Relation", que le monde en lui-même n'est rien que relation des créatures avec Dieu.
Et si la liberté des Hommes les éloigne de Dieu, le monde sort de cette relation de Dieu et de cette création donc de l'Amour et ils vont vers le non sens, la non vie ou le néant.
Et si la liberté des Hommes les éloigne de Dieu, le monde sort de cette relation de Dieu et de cette création donc de l'Amour et ils vont vers le non sens, la non vie ou le néant.
Mais Jésus ne perdra personne et pas un cheveu de nos têtes et il ira nous chercher dans nos enfers ou enfermements pour nous libérer et revenir à cette relation.
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